Responsables
Problématique de l’équipe
Au sein de cette équipe deux grandes problématiques seront développées :
- la dialectique entre « sédentarité et mobilité » conduit à repenser la question des dynamiques de peuplement d’un point de vue démographique et spatial ;
- l’articulation entre migrations internationales et dynamiques sociales qui conduit à s’interroger sur les facteurs du développement d’un point de vue social et économique.
Cette double entrée permettra de s’interroger sur les interrelations et de déconstruire les causalités complexes qui relient les comportements démographiques, économiques, sociologiques les uns aux autres, ainsi qu’à l’imbrication de terroirs/territoires à des espaces régionaux ou transnationaux plus larges. Elle permettra également à terme de conduire une réflexion sur la notion de développement et de co-développement sans négliger la dimension historique et politique de cette notion. Soulignons que cette refondation ne remet pas en cause les passerelles avec les deux autres équipes de recherche de l’UMR. Dans le domaine de la santé, deux questions sont d’une brûlante actualité : le rôle des migrations et des mobilités dans la diffusion des maladies d’une part, d’autre part l’accès à la santé dans la décision de migrer. Enfin, en liaison avec l’Equipe Famille, éducation, la question des migrations, celle de l’utilisation des transferts, doivent être davantage mesurées au regard des relations intra familiales, des relations intergénérationnelles et des réseaux des solidarités.
Axe 1 - Circulation des personnes, des cultures, des langues et phénomènes de diaspora
Les migrations contemporaines se caractérisent par une intense circulation des personnes, des cultures et des langues. Les diasporas n’échappent pas à ce mouvement et sont de plus en plus affectées par des phénomènes de transnationalisation, qu’on peut interpréter comme une forme de « mondialisation par le bas ». Ces phénomènes conduisent à reformuler les théories de la culture et de l’identité. Le développement des réseaux transnationaux qui traversent aussi bien les frontières nationales que les frontières symboliques, culturelles et linguistiques, transforme profondément aussi bien les sociétés de départ que les sociétés de résidence des migrants. L’ambivalence, la « double conscience » et jusqu’à un certain point l’ubiquité sont les marques des migrants d’aujourd’hui. Sur le plan politique, les nouvelles technologies de l’information et de la communication favorisent l’essor du « nationalisme à distance ».La circulation des récits et des discours sur la migration, sous toutes leurs formes, conduit à considérer les trajectoires et les imaginaires qui y sont liés dans le cadre d’une anthropologie du langage. L’étude de la fluctuation des catégories, dans les langues des migrants et en fonction des contextes sociaux et historiques, permet de rendre compte des dimensions inter-subjectives de mobilité. Loin de ne référer qu’à des stratégies économiques, l’attrait d’un ailleurs s’inscrit aussi dans des agencements de discours complexes impliquant des processus d’émancipation et de subjectivation.
L’émergence de nouvelles formes de contact (mélanges, hybridation) et de nouvelles compétences bilingues témoignent de la créativité et des ajustements des locuteurs et des groupes aux nouvelles situations de communication, pérennes ou transitoires, engendrées par la mobilité.
Axe 2 - Populations, sociétés et pauvreté
Dans les familles des pays du Sud, les variables économiques, sociales et démographiques sont très imbriquées. Leur combinaison permet de lutter contre les risques et les aléas de la vie dans des économies dont les systèmes assurantiels sont défaillants voire inexistants. Ceci est d’autant plus vrai pour les familles les plus pauvres dont la marge de manoeuvre dans ces différentes sphères est relativement faible voire réduite à néant. Entre autres, la pauvreté génère ainsi un moindre accès aux soins, à la scolarisation, aux réseaux sociaux ou migratoires et engendrent des inégalités économiques, sociales et de genre entre ménages mais aussi au sein des ménages. D’un point de vue de prime abord plus macroéconomique, la pauvreté, en tant qu’enjeu politique du développement, a suscité en outre un large intérêt institutionnel, d’abord avec les programmes d’ajustements structurels puis avec les stratégies nationales de réduction de la pauvreté. Pour en saisir la portée et les applications concrètes, il importe de confronter ces mutations issues de la mondialisation aux cultures, aux spécificités et à l’historicité des sociétés et des populations selon une démarche sociologique et anthropologique. Selon cette double perspective, les recherches menées dans cet axe ont donc en commun de questionner la pauvreté dans une démarche interdisciplinaire, incluant l’économie, la sociologie, l’anthropologie et la démographie.
Axe 3 - Crises, conflits et migrations forcées
Alimentée par la crainte de « nouvelles » violences et les inquiétudes des économistes dans un monde global en recomposition permanente, l’étude des crises constitue un champ de recherches en pleine expansion. Par crise, on entend ici un moment de rupture, un changement subit, une phase critique, accidentelle ou non, et dont l’impact peut parfaitement s’étaler dans la durée. La notion ne s’arrête pas au moment de l’urgence. Elle interroge également les questions de reconstruction, de réhabilitation, et donc de développement. Du point de vue des sciences sociales, elle intéresse tout à la fois les anthropologues, les sociologues, les géographes, les économistes, les démographes, les juristes et les politistes. Profondément inscrit dans une perspective pluridisciplinaire, un tel champ de recherches privilégie en effet les regards croisés et les approches comparatistes. Il tend naturellement vers l’étude des déplacements forcés de population, des bouleversements sociaux et des recompositions spatiales qui découlent des conflits armés, des catastrophes naturelles, des troubles politiques, des crises économiques, et des grands chantiers. En pareil cas, l’analyse porte notamment sur la gestion et le contrôle des flux migratoires, la constitution de diasporas de réfugiés, le regroupement des déplacés dans des camps, les pratiques du droit d’asile, les droits du migrant et les enjeux de l’aide humanitaire. Les terrains d’investigation des chercheurs du CEPED sont en l’occurrence centrés sur l’Afrique subsaharienne et le Moyen Orient.
Mots-Clés
Asile, aide humanitaire, circulation, contacts de cultures, diasporas, inégalités, investisse-ments, migrations, migrations forcées, mobilités, pauvreté, plurilinguismes, réseaux, risque, réfugiés, sécurité et développement, transnationalisme.
Pays couverts
Afrique subsaharienne (Mali, Sénégal, Mauritanie, Nigeria, Ghana, Congo, RDC, Madagascar), Amérique Latine (Mexique, Guyane, Pérou, Guyane), Maghreb (Tunisie), Proche-Orient (Liban, Palestine, Iran), régions ultra périphériques (La Réunion, Nouvelle Calédonie).
Chercheurs, Enseignants-Chercheurs, Ingénieurs
- BEAUCHEMIN Cris
- BOULAY Sébastien
- CANUT Cécile
- CHARBIT Yves
- CUCHE Denys
- DEPREZ Christine
- FANCHETTE Sylvie
- KABBANJI Lama
- LARZILLIÈRE Pénélope
- MICK Carola
- PÉROUSE DE MONTCLOS Marc-Antoine
- PIANTONI Frédéric
- RENAUD Pascal
- ROBIN Nelly
- SANDRON Frédéric
- TEMPORAL Franck
- VERON Jacques
Doctorants ED 180
- ANDRIANANTOANDRO Voahirana Tantely Annick
- BADRE Lara
- BIJIMINA LUADIA Sylvain
- CHADY Shimeen-Khan
- CHAVENEAU Clio
- CHRUSCINSKA Anna
- El HACHEM Elsa
- GADIO Guéda
- GHRAYEB Rima
- HADJ Laure
- HAMMOU Samia
- HORII Naoko
- KHATTALI Hatem
- LANGE Jérôme
- MALAUSA Stéfanie
- MISHIMA Teiko
- MORVAN Malo
- PALM Wierkome François d’Assise
- PANIS Caroline
- PEREIRA DE ALMEIDA Erika
- RABIER Serge
- RAZANAPARANY Sohary Manambahy
- RIBEIRO Camila
- RODIN Isabelle
- SALABASCHEW Sophia
- SALL Aminata
- SCETTI Fabio
- SOURIS Bethsabée
- TOURE Niandou
- VERGER Antonia
- ZAFISOAMALALA Claudiana
Chercheurs associés
- CAMBREZY Luc
- CHARMES Jacques
- COPANS Jean
- LADIER-FOULADI Marie
- LAFAY Marina
- LESSAULT David
- MAGNON Z. Yves
- MARIE Claude Valentin
- NDIAYE Madiogou
- NDIAYE Salif
- PETIT Véronique
- RAJAN Irudaya S.
- SCHOUMAKER Bruno
- SOW Alioune
- TOLNO Daniel
