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Séminaires de l’axe 2

Vendredi 26 mars 2010 14:00-16:00

Anaà¯k PIAN : Rapports familiaux à l’épreuve des retours forcés. « Barcelone ou la mort » ou les refoulements des îles Canaries vers le Sénégal.

Dès les premiers mois de l’année 2006, tandis que les côtes sénégalaises deviennent un point de départ privilégié vers les îles Canaries, les Sénégalais qui tentent de rejoindre l’archipel espagnol en « cayucos » s’emparent du slogan suivant : « Barcelone ou la mort » (Barça ou Barzakh), scandent-ils haut et fort. Emblème de leur détermination à rejoindre l’Europe, cette expression qui s’est popularisée ne prend pas en compte une éventualité pourtant bien présente : celle de l’arrivée aux îles Canaries puis du refoulement par charter au Sénégal qui, pour l’année 2006, a concerné plus de 6000 Sénégalais. Quels sont les impacts de ces refoulements sur les rapports familiaux et, plus largement, sur la vie des quartiers très
touchés par les départs en pirogues vers les îles Canaries ? Quel accueil les populations locales font-elles aux refoulés ? Nous nous intéresserons à la dynamique des rapports sociaux - et notamment familiaux - qui ont entouré, en amont comme en aval, ce qui a été communément appelé le « phénomène des pirogues. Ces rapports, qui sont à replacer dans le cadre des transformations socio-économiques qui touchent la société sénégalaise dans un contexte de crise, interpellent également la question des relations intergénérationnelles. Nous tenterons alors d’éclairer les formes de négociations familiales qui ont entouré les départs, mais aussi les retours à la suite des refoulements. La manière dont les refoulés sont considérés par leur famille et le voisinage ne peut être figée dans une catégorisation rigide, mais nécessite d’être appréhendée dans une perspective attentive aux logiques « d’action située » (De Fornel et Quéré, 1999). En nous référant à la littérature sociologique se rapportant aux trajectoires biographiques, nous nous demanderons également comment les refoulements des îles Canaries vers le Sénégal marquent, au-delà des simples parcours migratoires, les parcours biographiques des refoulés. In fine, nous proposerons une typologie de l’expérience du retour forcé pour les refoulés, que nous étayerons à partir d’une comparaison avec le cas des Sénégalais rapatriés par charter du Maroc à l’automne 2005. Ces derniers rapatriements prennent place dans une temporalité du voyage différente, puisqu’ils concernent des Sénégalais partis du Sénégal depuis plusieurs mois voire depuis plusieurs années, pour tenter de passer clandestinement en Europe à partir du territoire marocain (Pian, 2009).

Lieu : Université Paris Descartes

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