Soutenance de thèse

Vendredi 23 novembre 14:00-17:00

Soutenance de thèse de Helena Murseli

Helena Murseli soutient sa thèse de sociologie intitulée « Politiques éducatives en temps de conflit : le cas de la République centrafricaine pendant le gouvernement de transition de 2014 à 2016 », réalisée sous la direction de Marie-France Lange.

Devant un jury composé de :
Mme Hélène CHARTON, Chargée de recherche CNRS, Sciences Po Bordeaux, Les Afriques dans le monde (LAM)
Mme Roser CUSSÓ, Professeur des universités, Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne, Institut d’Étude du Développement Économique et Social (IEDES), rapporteur.
M. Boubacar NIANE, Professeur émérite, Université Cheikh Anta Diop (UCAD), Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation (FASTEF), rapporteur
M. Marc PILON, Directeur de recherche IRD, UMR CEPED, Université de Paris Descartes-IRD
M. Marc PONCELET, Professeur, Université de Liège

Résumé :
La République centrafricaine connaît, depuis son indépendance en 1960, des conflits et des crises chroniques qui déstabilisent le système éducatif et affecte la scolarisation des enfants. La communauté internationale joue un rôle important depuis des décennies dans le processus décisionnel des politiques éducatives et le financement des programmes éducatifs. Après le coup d’État de 2013, la présence des acteurs internationaux dans le secteur de l’éducation (bailleurs de fonds, ONG internationales, agences d’aide bilatérale et banques de développement) s’est accrue. L’influence de ces acteurs est devenue de plus en plus prépondérante : ils financent et gèrent la majorité des programmes mis en œuvre pour répondre aux situations d’urgences et reconstruire le système éducatif.

Après avoir analysé la littérature grise et scientifique et démontré que l’éducation en situation d’urgence occupe aujourd’hui une place importante dans les stratégies politiques et programmatiques des principaux bailleurs, cette thèse propose de s’intéresser au rôle de la communauté internationale, son interaction avec le gouvernement et le fonctionnement du système éducatif pendant le gouvernement de transition, entre 2014 et 2016. La perception de la légitimité du gouvernement par les familles et les capacités humaines et techniques du ministère de l’Éducation pendant cette période sont aussi analysées pour mieux comprendre les enjeux politiques. Pour mener ce travail de recherche, la méthodologie adoptée repose sur la triangulation de plusieurs types d’analyses complémentaires : un examen des données et des informations existantes, des entretiens auprès des cadres du ministère au niveau central et déconcentré, des enquêtes auprès des écoles, des familles et des espaces temporaires d’apprentissage à Bangui et dans les quartiers avoisinants. Des représentants des principaux bailleurs de fonds et des ONG ont aussi été interrogés.

Les résultats démontrent, d’une part, que la communauté internationale influence les stratégies éducatives par le biais des financements apportés et, d’autre part, que le gouvernement, dont les capacités humaines et techniques sont affaiblies, approuve ces stratégies de manière consensuelle sans pour autant définir la vision politique et stratégique du secteur de l’éducation. Il est également démontré que les raisons des faiblesses du système éducatif sont d’ordre structurel et sont ancrées dans l’histoire sociopolitique et économique du pays et que les inégalités d’accès et de qualité à l’éducation sont renforcées en temps de conflit par des causes conjoncturelles dues à la récente crise de 2013 qui perdure. Les résultats des enquêtes menées auprès des écoles et des familles indiquent un déséquilibre entre l’offre éducative disponible et la demande des familles. À cet égard, la participation des communautés (par exemple, par le recrutement et la prise en charge des maîtres-parents) est non seulement encouragée par le gouvernement et la communauté internationale, mais déterminante pour l’accès à l’école dans les zones les plus reculées du pays. L’offre éducative n’est plus sous le seul contrôle du gouvernement. Ainsi, l’éducation en temps de conflit est soumise aux financements disponibles des bailleurs, aux stratégies éducatives des familles et à l’influence de la communauté internationale. Toutefois, la légitimité du gouvernement est valorisée par les actions menées par la communauté internationale puisque le ministère de l’Éducation s’approprie ces actions.

Mots clés : Éducation, conflit, aide humanitaire et au développement, normes et standards internationaux, gouvernement de transition, politiques publiques d’éducation, enseignement primaire, République centrafricaine.

Lieu : Salle de réunion F-673 - Sorbonne

Adresse :
Galerie Gerson, escalier G2
17 rue de la Sorbonne
75005 Paris

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