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Axe 2 - Migration, Pouvoir, Développement

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Coordinateurs

TEMPORAL Franck et PETIT Véronique

Problématique de l’équipe : les interactions et pratiques des acteurs de la migration

Nos recherches traitent des liens entre les migrations et le développement à partir d’une réflexion pluridisciplinaire menée sur les différents acteurs de la migration : le migrant, sa famille, ses groupes d’appartenances, les réseaux, les Etats et institutions en tant que responsables des politiques migratoires, les organisations de la société civile impliquées dans le processus de négociation des normes, les réseaux de trafic ou de traite.

Les pratiques (sociales, culturelles, démographiques, économiques, politiques, juridiques, éducatives) de ces acteurs constituent l’objet d’étude privilégié de nos analyses. Nous accordons une attention particulière aux relations de pouvoirs et/ou d’inégalités entre les acteurs, à l’étude de la production des normes et valeurs impliquant différents domaines de la société (santé, éducation, économie, gestion des ressources, politique, environnement juridique) et aux compétences et stratégies développées par les acteurs au cours de la migration.

Des acteurs dans un contexte

L’analyse de ces pratiques doit être replacée dans le contexte actuel d’un monde globalisé où la mobilité humaine, ayant atteint un niveau sans précédent devient un enjeu, une compétence ou une ressource. Dans un monde interconnecté, les hommes, les informations et les normes circulent, ils sont vecteurs d’enjeux et de changements au Sud comme au Nord. La circulation des migrants et de leurs groupes d’appartenance est soumise à un contrôle qui impose d’introduire une dimension juridique et politique complémentaires aux dimensions sociales et économiques de l’étude des processus migratoires. La capacité des acteurs de transformer les contraintes institutionnelles, juridiques, sociales et culturelles en opportunités, dans leurs sociétés, leur donne un « pouvoir » important. L’influence des migrants, variable selon les lieux, produit des effets contrastés sur les relations de pouvoir au pays d’accueil, de transit et d’origine (et entre eux), pouvant aller du renforcement des intérêts des élites à leur contestation. Dans le cadre d’associations de développement, les migrants peuvent en effet contribuer à transformer les hiérarchies sociales fondées sur de nouveaux critères de légitimité (instruction, compétence, connaissance des réseaux) qui, combinés avec d’autres plus anciens interviennent désormais dans la gestion des intérêts communs des sociétés concernées. De telles restructurations conduisent ainsi à s’interroger sur la construction d’un espace public aux prises avec une diversité d’acteurs, répartis sur différents sites géographiques et entre lesquels circulent toute une série d’influences, de normes et de langages.

Des méthodologies articulant les échelles d’analyses (micro, méso, macro)

Cette orientation de nos recherches sur les migrations dans une perspective de développement s’appuie sur un large corpus pluridisciplinaire alliant bases de données d’enquêtes quantitatives, qualitatives et d’analyse des discours et normes véhiculées par les acteurs concernés. Cette richesse des corpus mobilisés permet de mener des recherches approfondies en faisant varier les échelles d’analyse : du niveau micro (individus), méso (famille, communauté, réseaux, organisations de la société civile), à l’approche macro (politiques publiques, institutions) des différents acteurs de la migration.

L’axe 2 du Ceped est largement pluridisciplinaire, il est porté par une équipe de chercheurs en sciences sociales, spécialistes des migrations et du monde en développement issus de plusieurs traditions disciplinaires : démographes, anthropologues, sociologues, géographes, linguistes, juristes.
Profitant de l’apport de ces disciplines connexes, les projets de recherche développés au sein de l’axe 2 allient analyses quantitatives et qualitatives et offrent un regard croisé et interdisciplinaire du champ « migrations et développement ».

Nos terrains d’enquête

Ce thème de recherche est travaillé à partir d’aires géographiques diversifiées (Afrique, Amérique Latine, Asie, Moyen-Orient, Etats-Unis, Caraïbes, Océan indien, territoires d’outre-mer, Europe, etc.) à partir de travaux portant tout autant sur les pays d’origine des migrants que ceux d’accueil ou de transit dans une perspective d’analyse Sud-Nord, Nord-Sud et Sud-Sud des migrations.

Les trajectoires des migrants et des normes sont analysées dans une perspective dynamique : départs, arrivées, retours, nouveaux départs, circulation, transit.
Les travaux menés au sein de l’axe 2 couvrent un large champ : contextes et déterminants des différents types de migrations (pour études, de travail, familiales, des élites, forcées…) impact des migrations sur la démographie et le développement, l’économie, parcours migratoires, dynamiques familiales et sociales des migrants, rapports de pouvoir (conflits, solidarité, dépendance) entre les différents acteurs de la migration, circulation des normes et des discours.  

Les projets actuels développés par les chercheurs de l’axe 2 s’articulent autour de trois grands thèmes :

1. Familles et réseaux

Si les décisions de partir ou de rester appartiennent au migrant, sa trajectoire individuelle et ses choix s’inscrivent largement dans son entourage familial et social. Ce dernier, constitué des réseaux de parenté et de connaissances, évolue tout au long du parcours migratoire et dépend de contraintes culturelles, sociales, économiques, juridiques et politiques. Nos projets de recherche analysent la constitution particulière de ces réseaux sociaux pendant la migration des acteurs, et les relations sociales et familiales en situation de migration. Plus particulièrement, nous analysons l’influence des facteurs tels que l’âge le genre ou l’origine des migrants sur les réseaux sociaux, les dynamiques familiales, sociales et professionnelles ou encore les pratiques transnationales (investissement au pays d’origine, transferts monétaires…). Nous interrogeons l’émergence ou la persistance de liens sociaux et familiaux à distance.

2. Normes et savoir

La circulation des migrants est soumise à une série de contrôles sociaux, culturels, économiques, juridiques et politiques des sociétés de départ, d’arrivée et de transit et des organisations transnationales aux intérêts divergents. Notre approche vise à analyser la relation entre la structuration de ces rapports inégaux de pouvoir et la manière dont les normes se construisent, se propagent ou sont contestées. La production et la circulation des normes et du savoir sont ainsi abordées dans une perspective dynamique, à partir de trois dimensions principales : une approche politique (opinions, association de migrants, militantisme), juridique (politiques publiques, textes normatifs) et une approche linguistique (discours, pratiques langagières, récits).

3. Espaces

La migration est principalement définie comme un mouvement dans l’espace, elle transforme les espaces parcourus par les différents acteurs. Nous analysons comment les migrants mobilisent les ressources de leurs territoires d’origine, de transit et d’accueil pendant leurs parcours migratoire et comment se constituent de nouveaux espaces réels, virtuels, culturels. Nous concevons l’espace dans sa triple dimension « conçu, perçu et vécu » (Lefebvre), et étudions la manière dont les migrations peuvent transcender les frontières, les discontinuités physiques, socio-spatiales et juridiques. Nos recherches approfondissent ces multiples liens entre migration et espace en adoptant des méthodologies inventive et réflexive capables de rendre compte de la dynamique des pratiques (ethnographie et enquêtes multi-situées, pratiques plurilingues, etc.).

Chercheurs, Enseignants-Chercheurs, Ingénieurs



Doctorants


Post-doctorants



Chercheurs associés


Terrains de l’axe


Projets de recherche