> Projets de Recherche > Axe 3 - Education et savoirs au Sud

ESPI (Enseignement supérieur privé et inégalités/ Public Policies, Private Higher Education Development and Inequalities)

Axe 1 - Axe 3 - Éducation et Savoirs au Sud

Responsables scientifiques

Partenariats en France et dans les pays de recherche

  • Institut national de sciences de l’éducation du Vietnam (VNIES), Hanoi (Vietnam)
  • Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal)
  • Université Autonome Métropolitaine (UAM), México (Mexique)
  • Université Pontificale Catholique de Lima (Pérou)
  • Université de Kinshasa (République Démocratique du Congo)
  • Université de Liège, Faculté des sciences sociales (Belgique)
  • Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis (Paris VIII)
  • Université des Sciences juridiques et politiques de Bamako (Mali)

Membres du CEPED participant au projet

Chercheurs associés au CEPED

Membres extérieurs au CEPED participant au projet

  • Benavides Martin
  • D’aiglepierre Rohen
  • Grediaga Kuri Rocio
  • Henry Odile
  • Poncelet Marc
  • Kapagama Pascal
  • Trân Thi Thai Ha
  • Dinh Thi Bich Loan
  • Monica Lopez Ramirez

Financement

  • Commission européenne/AFD

Résumé

Dans la production ou la reproduction des inégalités comme dans la lutte contre les inégalités, au sein des pays et entre eux, l’éducation joue un rôle crucial. Comme le fait remarquer l’Unesco, « L’agenda éducation 2030 souligne à juste titre l’interdépendance des niveaux d’éducation et l’importance de l’enseignement supérieur — telle une clé de voûte du système éducatif — dans l’égalité des chances, la cohésion sociale et la préparation des ressources humaines » (www.iiep.unesco.org/fr/lagenda-pour-leducation-2030-quelles-implications-pour-lenseignement-superieur-3546?language=en).
Cette question de l’égalité au niveau de l’enseignement supérieur est d’autant plus importante que, selon les données de l’Institut des statistiques de l’Unesco (IUS), le pourcentage des 19-24 ans inscrits à ce niveau progresse sans cesse dans un grand nombre de pays dans le monde ; concernant ceux de cette étude, la croissance annuelle moyenne depuis le début des années 2000, est par exemple de 11 % en RDC, de 6-7 % % en Inde, au Sénégal et au Vietnam, et de 4 % par an en moyenne au Mexique). Dans le même temps, il est apparu que la croissance économique ne suffit pas à réduire les inégalités, celles-ci pouvant aussi constituer un frein à la lutte contre la pauvreté. Des rapports annuels d’organismes comme l’Unesco, l’OCDE ou la Banque mondiale témoignent de cette prise de conscience. Enfin, pour desserrer la contrainte budgétaire, pour permettre au secteur public d’accroître son offre d’enseignement supérieur et pour répondre à une demande non satisfaite, le développement d’un enseignement supérieur privé — réputé plus efficient que l’enseignement supérieur public — a été encouragé dans le cadre des partenariats public-privé. Selon les estimations de l’IUS, le secteur privé accueille, en 2015, 13 % des étudiants du supérieur au Vietnam, 22 % au Bénin et 60 % en Inde. Pour autant que ces chiffres soient fiables — une partie, variable selon les pays, de l’enseignement supérieur privé n’est pas enregistrée —, ils indiquent l’importance prise par le privé à ce niveau de formation. Au Pérou et au Mexique par exemple, presque 7 universités sur 10 sont privées.
Quatre phénomènes peuvent être relevés à l’examen rapide des conditions de développement du secteur privé d’enseignement supérieur : 1) la consolidation du secteur privé et du PPP ; 2) l’absence ou la faible régulation de ce secteur ; 3) la transformation des règles d’accès à l’enseignement supérieur (notamment en termes de ressources exigées des étudiants, de processus de sélection à l’entrée et de conditions d’étude durant le parcours universitaire) et 4) la transformation des périmètres socio-économiques traditionnels.
Le développement du secteur privé semble avoir en partie participé d’un mouvement de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur des quinze dernières années. Mais ce mouvement n’est pas synonyme de réduction des inégalités d’accès ou d’égalisation des conditions de réussite académique. Par exemple, au Mexique, 1 % seulement des 15-24 ans du quintile le plus pauvre poursuivent leurs études dans le supérieur contre 32 % dans le quintile le plus riche. De plus, une analyse intergénérationnelle de la mobilité des hommes a montré que, dans ce pays, la proportion de personnes du quintile le plus pauvre restant dans le même quintile au cours de la génération suivante atteignait 48 %.
Les politiques publiques, les mesures adoptées, les dispositifs mis en place, ou encore les PPP sont, dans de nombreux pays, encore mal renseignés et, ce, d’autant moins que le secteur privé est composite et non totalement régulé par ces politiques. De même, très peu d’études se sont intéressées au poids du secteur privé dans la réduction ou l’augmentation des inégalités — ou simplement à la prise en compte par les acteurs de ce secteur, de cette question des inégalités ; et très peu de travaux ont permis de montrer dans quelle mesure les politiques publiques elles-mêmes sont, dans le cadre de la lutte contre les inégalités, attentives au développement du secteur privé et aux quatre processus précédemment mentionnés.
Faute d’études précises sur cette question, se pose donc aussi la question de savoir dans quelle mesure et comment les politiques publiques des pays dits en développement ou émergents appréhendent aujourd’hui la question du rôle du secteur privé dans la réduction des inégalités dans l’enseignement supérieur en termes d’accès, de conditions de réalisation des cursus universitaires, ou de « réussite » (selon l’acception donnée dans le cadre de ces politiques).

La première des questions posées dans ce projet est ainsi celle des inégalités dans l’enseignement supérieur : quelles sont celles qui sont identifiées et considérées par les politiques publiques ? Est-ce que toutes les inégalités sont considérées comme problématiques et comme devant faire l’objet de mesures particulières ?

Se pose en second lieu un ensemble de questions relatives à la croissance du secteur privé d’enseignement supérieur : quelles sont les caractéristiques de la nouvelle génération d’université privées, à quel type de population s’adressent-elles ? Qui sont les entrepreneurs, propriétaires et enseignants de ces universités ? Quel est le rôle des politiques publiques dans la croissance et la régulation de ce secteur ? Dans quelle mesure les acteurs du secteur privé prennent-ils en compte les orientations publiques et inscrivent-ils la lutte contre les inégalités dans leurs objectifs ? Enfin, dans quelle mesure les politiques publiques sont-elles attentives à ce poids/rôle possible du secteur privé dans l’accroissement des inégalités sociales ?

D’un point de vue problématique, il s’agira donc dans ce projet pluridisciplinaire (sociologie, économie, démographie, sciences de l’éducation) 1) d’identifier dans quelle mesure et comment les politiques publiques prennent en considération les inégalités (et lesquelles) dans l’enseignement supérieur, et quels déterminants de ces inégalités elles ambitionnent de corriger ; 2) d’identifier dans quelle mesure et comment ces politiques prennent en compte l’essor et/ou la consolidation du secteur privé d’enseignement supérieur ainsi que son rôle dans la réduction vs l’accroissement des inégalités à ce niveau ; 3) enfin, de discerner si les acteurs du secteur privé d’enseignement supérieur inscrivent la lutte contre les inégalités dans leurs objectifs, pourquoi et comment.

Mots-Clés :

Enseignement supérieur privé — politique publiques – inégalités.

Terrains de recherche

Inde, Mali, Mexique, Pérou, Sénégal, République Démocratique du Congo, Vietnam.

Calendrier

2018-2020

Contact

etienne.gerard chez ird.fr
nolwen.henaff chez ird.fr