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L’accès à la césarienne dans différents contextes de financement des soins de santé maternelle en Afrique de l’Ouest

Thèse de Santé Publique (Epidémiologie) préparée par Marion Ravit sous la direction de Alexandre Dumont à l’université UPMC (Université Pierre et Marie Curie).

Résumé du projet de thèse

Pour permettre la réduction de la mortalité maternelle, l’accès aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU) est crucial. Durant leur grossesse, environ 15% des femmes sont confrontées à des complications obstétricales et entre 3,6% et 6,5% des d’entre elles devraient bénéficier de la césarienne à la naissance en Afrique de l’Ouest. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande qu’au moins 5% des femmes enceintes accouchent par césarienne.

Beaucoup de femmes dans les pays à revenu faible et intermédiaire retardent, voire renoncent à leur décision d’aller se faire soigner par peur d’avoir à payer des dépenses excessives. La richesse des ménages influence même directement l’accès à la césarienne. Le coût d’un épisode de césarienne peut être très élevé, jusqu’à dix fois celui d’un accouchement normal, et peut conduire les ménages à des dépenses dites catastrophiques.

Au cours des dernières années, le concept de Couverture Santé Universelle (CSU) a émergé avec comme objectif que tout individu puisse avoir accès à des services de santé de qualité et ce sans se heurter à des difficultés financières. Un objectif commun de différents programmes de CSU dans le monde est de supprimer les obstacles financiers, tels que les frais d’utilisation, en particulier pour les femmes enceintes et les enfants, qui doivent avoir un accès prioritaire aux services de santé. En Afrique de l’ouest, une multitude de réforme et de politique ont été mises en place dans ce sens, comme des mécanismes d’assurance, des chèques-santé ou encore la gratuité des soins.

L’objectif de cette thèse d’évaluer l’impact de différentes politiques de financement des soins de santé maternelle sur l’accès des femmes à la césarienne en Afrique de l’Ouest. Nous allons étudier la gratuité de la césarienne mise en place au Mali et au Bénin, le forfait obstétrical en Mauritanie et le financement basé sur la performance au Burkina Faso. Nous regarderons l’impact de ces réformes sur l’utilisation des soins de santé maternelle, mais aussi leurs effets sur les inégalités géographiques et socioéconomiques d’accès à la césarienne.

Nous allons principalement utiliser les données populationnelles, issues par exemple des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) (http://dhsprogram.com/) et des Enquêtes à indicateurs multiples (MICS) (http://mics.unicef.org/). Ces enquêtes sont représentatives des ménages à l’échelle nationale et sont répétées régulièrement afin de suivre l’évolution de la santé de la population dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Un questionnaire spécifique sur la grossesse, collecte des antécédents complets sur toutes les naissances vivantes dans les deux, trois ou cinq dernières années précédant l’enquête, y compris des renseignements sur l’utilisation des services de santé maternelle (dont l’accouchement en formation sanitaire et l’accouchement par césarienne).

Nous avons choisi d’utiliser des méthodes quasi-expérimentales, considérées comme robustes car elles utilisent un groupe de comparaison (un contrefactuel), pour évaluer l’impact d’une intervention. Les inégalités socioéconomiques sur l’utilisation des services de santé maternelle seront mesurées notamment à l’aide d’un indice de concentration et présentés sous forme de courbe de concentration.
Pour interpréter au mieux les résultats, ces analyses seront complétées par des méthodes qualitatives, en particulier des informations tirées d’entretiens avec des informateurs clés sur l’émergence des politiques et leur mise en œuvre.

Mots-Clés
Bénin, Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Santé de la reproduction, Santé publique, Afrique sub-saharienne, Inégalités, Systèmes de santé

Zone géographique
Afrique Sub-saharienne, Bénin, Mali, Mauritanie, Burkina Faso.

Calendrier
• Début du projet : 1er septembre 2016. Fin du projet prévu pour septembre 2019
• Date prévue de soutenance : Automne 2019