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2015

Action publique et initiatives des grandes entreprises privées dans la lutte contre le VIH/Sida en Côte d’Ivoire et au Cameroun

Anne BEKELYNCK

Anne BEKELYNCK a soutenu sa thèse de sociologie le 13 mars 2015 , sous la direction de Annabel DESGREES du LOÛ à l’université Paris-Descartes et co-encadrée par Fred EBOKO.

Résumé de la thèse

Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, un des objectifs majeurs de la lutte contre le VIH/Sida est devenu la mise en place de l’accès universel aux traitements antirétroviraux (ARV). Aussi, si la gratuité des médicaments s’est imposée progressivement au cours de la dernière décennie dans une majorité des pays du continent, la prise en charge de toutes les personnes vivant avec le VIH est loin d’être effective. C’est ainsi qu’en Côte d’Ivoire et au Cameroun, des pays marqués par une forte prévalence (respectivement 3,7% et 4,3% de la population séropositive), seulement 29% et 30% des personnes éligibles au traitement en bénéficient (2009), alors même que la gratuité des ARV est en place depuis 2008 et 2007.
A la fin des années 1990, une poignée de grandes entreprises privées ont décidé, face à la menace que constituait le VIH/Sida sur leur main d’œuvre (maladie, absentéisme, décès, funérailles, turn over, etc.), de mettre en place des mécanismes de financement ou des partenariats inédits, afin de permettre à leurs employés infectés d’avoir accès aux trithérapies. Les entreprises privées ont ainsi anticipé sur la réponse des pouvoirs publics : dans un contexte de coûts extrêmement élevé des médicaments, elles étaient les seuls acteurs de la scène nationale à pouvoir proposer une prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH). La mobilisation collective autour du VIH/Sida a ensuite connu une ampleur exceptionnelle, tant aux niveaux nationaux qu’internationaux, se caractérisant par la participation d’une multiplicité d’acteurs (gouvernement, organisations internationales, professionnels de la santé, ONG, associations de PVVIH, etc.) agissant à des échelles variables (local, national, international). Les entreprises privées ont ainsi été invitées à joindre leurs forces à la bataille, notamment en raison de leur « efficacité », de leur potentiel d’« appropriation » et de leurs ressources financières autonomes. Or, en dépit des recommandations internationales et des cadres de concertation formels nationaux conçus pour intégrer le secteur privé, les entreprises privées sont restées à la marge de la fabrique des politiques publiques de lutte contre le VIH/Sida.
Cette thèse cherchera à comprendre l’absence d’intégration effective des entreprises privées dans les cadres institutionnels de l’action publique de lutte contre le VIH/Sida, et à travers elle, les blocages d’une collaboration entre le secteur public et le secteur privé au sein d’une action publique sectorielle, en Côte d’Ivoire et au Cameroun. Il s’agira notamment de démontrer les tensions découlant de la promotion de normes et de stratégies élaborées à l’international avec leurs conditions pratiques de mise en œuvre.

Mots-Clés

Côte d’Ivoire, Cameroun, Afrique subsaharienne, VIH/Sida, dépistage, ARV, action publique, entreprises privées.

Zone géographique

Côte d’Ivoire, Cameroun.