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Doctorants

SCHANTZ INGUENAULT Clémence

Discipline de la thèse : Sociodémographie

Axe de recherche au Ceped : Axe 1 - Santé et Genre

Affectation géographique et adresse de laboratoire d’accueil :
CEPED
45 rue des Saints-Pères
75006 PARIS, France
Courriel : clemschantz chez hotmail.com
Téléphone : +33 6.63.57.76.59

École doctorale : ED 180
Direction : Véronique Petit

Titre de la thèse :

Démographie compréhensive des pratiques périnéales biomédicales à Phnom Penh, Cambodge

Responsabilités au sein du Ceped

  • Organisation des journées doctorales du CEPED

Publications en relation avec la thèse

  • Schantz Clémence (2015) « Sexualité pendant la grossesse et le postpartum au Cambodge : rapports de genre et place de la prostitution. » (communication orale), présenté à 5ème Congrès Asie et Pacifique 2015, Paris.
  • Schantz Clémence (2015) « La périnéorraphie comme guérison de l’accouchement par voie basse, Phnom Penh, Cambodge » (communication orale), présenté à Colloque international de l’AMADES "Ce que guérir veut dire. Expériences, significations, politiques et technologies de la guérison", Marseille.
  • Schantz Clémence (2015) « Les périnéorraphies du Cambodge au prisme du genre » (communication orale), présenté à Colloque international « Genre et Santé» organisé par l’Institut Emilie du Châtelet en partenariat avec l’Inserm, Paris.
  • Schantz Clémence (2016) « ‘Cousue pour être belle’ : quand l’institution médicale construit le corps féminin au Cambodge », Cahiers du genre, 61, p. 131-150.
    Résumé : La périnéorraphie est une pratique chirurgicale biomédicale qui vise à resserrer fortement le périnée des femmes après un accouchement par voie basse. Au Cambodge, par cette pratique, et à travers l’institution biomédicale, les soignant·e·s construisent un corps féminin qui s’inscrit dans une représentation symbolique du corps fortement genrée, où le corps féminin, faible et vulnérable, doit être façonné sur mesure, de manière à répondre aux attentes du corps masculin. Cet article souhaite montrer qu’en rendant les femmes conformes à leur rôle d’épouse, l’institution biomédicale participe à la reproduction de la structure ; il vise également à interroger les logiques des acteurs, notamment l’incorporation de la pratique par les soignantes qui disent rendre ainsi service aux autres femmes.
    Mots-clés : Cambodge, corps, DOMINATION, MASCULINE, ORDRE SOCIAL, PÉRINÉORRAPHIE, SEXUALITÉ, VIOLENCES , VULNÉRABILITÉ.
  • Schantz Clémence (2014) « La femme khmère dans le postpartum du Protectorat français (1863-1953) à nos jours » (communication orale), présenté à 40th annual meeting of the French Colonial Historical Society, Siem Reap.
  • Schantz Clémence (2016) « Construire le corps féminin à travers les pratiques obstétricales à Phnom Penh, Cambodge », Ceped : Paris Descartes, 542 p.
    Résumé : Le Cambodge est l’un des neuf pays au monde à avoir atteint l’OMD 5 des Nations Unies, c’est-à-dire à avoir diminué de trois quarts le taux de mortalité maternelle au niveau national entre 1990 et 2015. Ce taux est ainsi passé de 1020 à 161 décès maternels pour 100 000 naissances au cours de ces 25 années. Ce succès est le résultat de politiques publiques volontaristes : une politique de planification familiale, la mise en place de systèmes de financements de la santé, la formation puis le déploiement de milliers de sages-femmes sur le territoire. Cette réussite s’explique également par une mutation sociologique de premier plan : l’accouchement, qui était historiquement un événement avant tout social et qui se déroulait dans l’intimité de la maison, est devenu un événement public pour la femme et sa famille. Alors qu’en 2000 moins de 10% des femmes accouchaient dans une structure médicalisée, elles étaient plus de 80% dans cette situation en 2014, traduisant ainsi la biomédicalisation massive et soudaine de l’accouchement dans tout le pays. Cette recherche sociodémographique remet en question la vision idéalisée des Nations Unies concernant la santé maternelle au Cambodge en rendant visibles et en observant les pratiques obstétricales « par le bas » à partir d’une enquête empirique sur plusieurs terrains à Phnom Penh et en Kandal (milieu rural). La méthodologie développée conjugue une observation participante, à des entretiens semi-directifs auprès de soignants et de non soignants (hommes et femmes), des questionnaires auprès de femmes enceintes puis accouchées (cohorte), ainsi qu’une collecte de données médicales dans quatre maternités de Phnom Penh. Les résultats montrent que certains hôpitaux et cliniques pratiquent des épisiotomies systématiques, ce qui est contraire aux recommandations internationales, et que le taux de césariennes dans la capitale a presque triplé en quinze ans, dépassant depuis le début des années 2000 le seuil de 10% recommandé par l’OMS. Enfin, une pratique répandue de périnéorraphies visant à resserrer fortement le vagin de femmes jeunes et en bonne santé après des accouchements par voie basse, sans indication médicale, est courante dans la capitale. Ces pratiques obstétricales, historiquement construites, vont alors fréquemment être détournées de leur usage médical pour répondre à une demande sociale. Le corps des femmes a été appréhendé dans cette recherche comme un corps social et politique, révélateur des rapports sociaux, sur lequel se jouent de nombreux enjeux de pouvoirs. La thèse a révélé que ces trois pratiques obstétricales faisaient système en se renforçant les unes les autres. A l’intersection entre corps, genre et biomédecine, la recherche a montré que ces différentes pratiques obstétricales pouvaient être conçues comme des instruments de domination. Le genre, tel qu’il est pensé dans la société, va contribuer à fabriquer un sexe féminin, mais aussi à construire un corps féminin de façon plus générale. Mais la thèse a dévoilé également que certaines de ces pratiques vont être saisies par les femmes, afin d’accroître leur attractivité sexuelle, leur permettant de renégocier les rapports de genre, et de maintenir l’harmonie et la stabilité du couple.
    Mots-clés : accouchement, pratiques obstétricales, biomédecine, Cambodge, césarienne, corps, épisiotomie, périnéorraphie, rapports de genre, sexualité.
  • Schantz Clémence (2015) « Pensée symbolique et sang des femmes. L’exemple du Cambodge », Les Dossiers de l’Obstétrique, 448, mai 01, p. 22-25.

  • Schantz Clémence (2015) « « Maman, je peux habiter dans ton ventre ? » Rêve et socialisation du foetus au Cambodge », Moussons. Recherche en sciences humaines sur l'Asie du Sud-Est, 25, p. 39-56. https://moussons.revues.org/3206.
    Résumé : Une ethnographie menée au Cambodge sur le fœtus a fait émerger un phénomène central au cours de la grossesse de femmes khmères : le rêve. Celui-ci annonce la grossesse à la mère, il détermine le sexe de l’enfant à naître, et il l’informe sur la personne qui se réincarne en elle. Il permet aussi au fœtus de communiquer avec sa mère et de lui demander l’autorisation d’« habiter en elle ». Le rêve permet de confirmer ou non l’humanité du fœtus inscrit dans la chair à travers un engendrement du fœtus par la parole. Enfin, le rêve s’inscrit dans la religion populaire khmère, d’une part dans un contexte d’ouverture de la femme enceinte et accouchée et de magie, et d’autre part dans un contexte de renaissance, de transmigration des ancêtres. Avec cet article, nous proposons une définition sociale du fœtus au Cambodge.
  • Schantz Clémence et Goyet Sophie (2016) « Episiotomies systématiques au Cambodge » (poster), présenté à 14ème journées du Collège National des Sages-Femmes de France, Paris.


  • Schantz Clémence, Kim Kruy Leang, Ek Meng Ly, Barennes Hubert, So Sudaroth et Goyet Sophie (2015) « Reasons for routine episiotomy: A mixed-methods study in a large maternity hospital in Phnom Penh, Cambodia », Reproductive Health Matters, 45, p. 68-77. DOI : 10.1016/j.rhm.2015.06.012. http://www.rhm-elsevier.com/article/S0968-8080%2815%2900016-6/abstract.
    Résumé : First documented in 1741, the practice of episiotomy substantially increased worldwide during the 20th century. However, research shows that episiotomy is not effective in reducing severe perineal trauma and may be harmful. Using a mixed-methods approach, we conducted a study in 2013–14 on why obstetricians and midwives in a large maternity hospital in Phnom Penh, Cambodia, still do routine episiotomies. The study included the extent of the practice, based on medical records; a retrospective analysis of the delivery notes of a random sample of 365 patients; and 22 in-depth interviews with obstetricians, midwives and recently delivered women. Of the 365 women, 345 (94.5%, 95% CI: 91.7–96.6) had had an episiotomy. Univariate analysis showed that nulliparous women underwent episiotomy more frequently than multiparous women (OR 7.1, 95% CI 2.0–24.7). The reasons given for this practice by midwives and obstetricians were: fear of perineal tears, the strong belief that Asian women have a shorter and harder perineum than others, lack of time in overcrowded delivery rooms, and the belief that Cambodian women would be able to have a tighter and prettier vagina through this practice. A restrictive episiotomy policy and information for pregnant women about birthing practices through antenatal classes should be implemented as soon as possible.
    Mots-clés : Cambodia, delivery, episiotomy, over-medicalization, pregnancy, quality of care.


  • Schantz Clémence, Sim Kruy Leang, Petit Véronique, Rany Heng et Goyet Sophie (2016) « Factors associated with caesarean sections in Phnom Penh, Cambodia », Reproductive Health Matters, 24 (48), p. 111-121. DOI : 10.1016/j.rhm.2016.11.009. http://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0968808016300453.
    Mots-clés : caesarean section, Cambodia, Gender, mixed method, over-medicalization, social control.
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Enseignements

  • 2014/2015 : Chargée de TD en ethnologie à l’Université Paris Descartes (L1 Sciences Sociales)