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ECOS - Mobilités et Réseaux scientifiques France-Mexique

Responsables scientifiques

Partenariat

  • DIE/CINVESTAV (México),
  • UAM-A (México),
  • Univ. Paris Descartes (Paris 5),
  • Univ. de la Sorbonne (Paris 1)

Membres du CEPED participant au projet

Financement

  • ANUIES (Mexique)
  • MAE (France)

Résumé

La mobilité étudiante mexicaine à l’étranger est un phénomène historiquement et aujourd’hui encore très important ; des générations se sont formées et continuent à acquérir leurs diplômes les plus élevés au Etats-Unis, en Angleterre, en France ou en Espagne. Par hypothèse, la mobilité étudiante à l’étranger est ainsi un facteur fondamental de structuration et de développement de la recherche au Mexique. Grâce à ces formations à l’étranger, certains secteurs scientifiques ont désormais acquis un haut degré d’autonomie (la biotechnologie par exemple) et forment, au Mexique, les générations des futurs chercheurs. Pourtant, de nombreux étudiants mexicains continuent à se former à l’étranger, sous l’effet conjugué de l’internationalisation de l’enseignement supérieur, d’une “mondialisation” de certains savoirs, enfin de l’existence, historiquement construite, de “chaînes de savoirs” entre les institutions mexicaines de recherche et leurs homologues étrangères. Tel est le cas, en particulier, des relations scientifiques entre le Mexique et la France, en ingénierie, en sciences humaines et sociales, ou encore en commerce international. Des chercheurs impliqués dans ce projet ont récemment réalisé plusieurs travaux sur les dimensions quantitatives de la mobilité étudiante et le champ de la recherche mexicaine. Des questions essentielles méritent cependant des développements approfondis : les facteurs de la mobilité étudiante et, en aval, ses répercussions sur la structuration du champ de la recherche, les cadres institutionnels de la coopération scientifique, enfin le rôle des réseaux scientifiques France/Mexique dans le développement de la recherche mexicaine. Ce projet de sociologie envisage des recherches sur ces trois questions. Il associe des chercheurs mexicains et français aux collaborations scientifiques affirmées et choisit d’impliquer des doctorants mexicains et français au développement de cette thématique centrale du rôle de la mobilité étudiante et des réseaux scientifiques dans la structuration du champ scientifique mexicain et dans l’émergence de nouveaux objets scientifiques.

Les objectifs de la recherche se déclinent donc de la manière suivante :

  • 1) Evaluer le poids de la mobilité étudiante mexicaine en France et des coopérations scientifiques franco-mexicaines sur la formation et le fonctionnement des réseaux scientifiques mexicains ;
  • 2) Donc, dresser une “carte” des réseaux constitués sur la base de cette mobilité pour les spécialistes de différentes disciplines (en particulier sociologie, ingénierie — nanotechnologies entre autres —, droit et commerce international) ;
  • 3) identifier les modalités de constitution des réseaux (intérêts particuliers, poids des “chaînes de savoirs”, rôle des bailleurs de fonds…) ; cerner le rôle de ces réseaux dans la définition d’alliances scientifiques (et de rivalités) et, plus largement, en termes de pratiques et de production scientifique au Mexique ;
  • 4) en définitive, on cherchera à déterminer dans quelle mesure la mobilité étudiante mexicaine en France, la coopération scientifique et ces réseaux mexicains et franco-mexicains structurent la recherche mexicaine ; on étudiera leur rôle dans la formation des élites académiques et scientifiques d’une part, dans l’émergence de nouveaux objets scientifiques d’autre part.

MÉTHODOLOGIE
Les axes de recherche sont donc les suivants :

  • le rôle d’institutions d’enseignement supérieur et de formation dans la mobilité étudiante et la constitution de réseaux scientifiques ;
  • les logiques de constitution et d’appartenance à des réseaux scientifiques en France et leurs prolongements au Mexique (réseaux mixtes) ;
  • les facteurs de transformation des réseaux scientifiques (facteurs institutionnels, poids des alliances et rivalités, rôle des organismes internationaux dans la promotion de réseaux et de produits scientifiques…)
  • le poids des réseaux dans la structuration de la recherche au Mexique, en termes d’orientation de la recherche, d’intégration/promotion des chercheurs et de production de nouveaux objets scientifiques.

Ces axes se déclinent à travers les opérations de recherche et la méthodologie suivantes :Des enquêtes seront conduites sur les cadres de la coopération scientifique France/Mexique en matière d’enseignement supérieur et de recherche :

  • Par analyse de sources documentaires et par entretiens auprès d’un échantillon d’institutions françaises d’enseignement supérieur dans lesquelles se forment des étudiants mexicains, en sciences humaines, sciences politiques, commerce international et ingénierie (l’EHESS et l’université Paris 8 pour les SHS, en particulier la sociologie ; l’Institut d’Etudes Politiques de Paris pour le droit ; l’INSEC Buisnes School pour le commerce international ; l’Ecole des ingénieurs de Sceaux — voire l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, qui a une antenne à Mexico, pour les ingénieurs) ;
  • des enquêtes similaires seront réalisées au Mexique auprès d’un échantillon d’institutions qui coopèrent avec les institutions françaises (Colegio de Mexico, CINVESTAV, Université National Autonome de Mexici- UNAM, UAM) ; Ces institutions sont retenues en raison de leur importance dans la formation des étudiants mexicains et/ou de leur importance dans les disciplines retenues. A ce titre, certaines institutions sont retenues même si elles ne forment qu’une petite partie des étudiants mexicains en France (en particulier celles de SHS comme l’EHESS).
  • Un travail d’analyse des politiques françaises d’accueil et de coopération scientifique avec le Mexique, et des politiques d’internationalisation de l’enseignement supérieur d’institutions mexicaines, en particulier dans les disciplines retenues.

Les réseaux seront étudiés :

  • par enquêtes, au Mexique, à partir d’un corpus de chercheurs, distingués par les disciplines retenues pour l’étude de la mobilité, et par institutions d’enseignement supérieur et de recherche (désignées ci-dessus) ; ces enquêtes seront qualitatives et porteront sur les critères de constitution des réseaux, d’appartenance aux réseaux, de modalités de fonctionnement des réseaux ; parmi les critères d’appartenance aux réseaux on recherchera en particulier le rôle des trajectoires de formation, en l’occurrence en France ;
  • par enquêtes qualitatives (entretiens), en France, auprès de deux populations distinctes : o celle des étudiants choisis dans le cadre de l’étude de la mobilité (étudiants de grandes écoles et d’universités, au niveau Master et doctorat) ; l’étude portera sur leurs trajectoires de formation et le rapport entre ces trajectoires et les réseaux auxquels ils appartiennent ; une distinction forte sera faite entre les initiateurs de réseaux et les simples membres ; o d’autre part celle de chercheurs mexicains qui, après leurs études en France, ont choisi de séjourner durablement dans ce pays et de ne pas rentrer au Mexique. On étudiera les facteurs de leur non-retour et, au-delà, les réseaux auxquels ils appartiennent (français et mexicains), le rôle de cette appartenance dans la participation de ces chercheurs à l’essor de la recherche mexicaine.

Ces différentes enquêtes qualitatives permettront d’établir des “cartes” de réseaux dans les disciplines retenues, d’identifier leur composition (par trajectoires de formation des membres, selon la longévité des réseaux, leurs ancrages institutionnels, etc.), les modalités de leurs constitution et fonctionnement, leur rôle dans la production scientifique mexicaine, en particulier en sociologie, ingénierie, droit et commerce international.

Mots-Clés

Mobilité académique, réseaux scientifiques, politiques de coopération Mexique/France.

Zone géographique

Mexique (pays, ville, région), France

Calendrier

Projet ECOS-Nord - 2011-2014

Contact

etienne.gerard chez ird.fr

Résultats et valorisation

Publications

2012

--- Exporter la sélection au format

1. Agulhon (C.), « Circulation des individus - circulation des savoirs France Mexique. D’une génération à l’autre », Colloque Circulation internationale des connaissances. Enjeux académiques et scientifiques dans les pays en Développement, México, 9-11 OCTOBRE 2012.
2. Agulhon (C.), « Internacionalizacion y transferencia de saberes en educación superior », atelier de formation permanente des gestionnaires et spécialistes de l´internationalisation des universités au Panama, Université de Panama, 22 au 26 juillet 2013.
3. Aragon (J.), 2013, « Un primer acercamiento de la movilidad al extranjero de los legisladores mexicanos : la comparación de tres legislaturas y sus diferentes conductas », Séminaire international ROMAC-Sudélites, Paris, septembre.
4. Badillo Guzmán (J.), noviembre 2012, “La colaboración científica entre Francia y México”, UNESCO, Portal OBSMAC, Sección Expertos Opinan. http://www.iesalc.unesco.org.ve/index.php?option=com_content&view=article&id=3101%3Ala-colaboracion-cientifica-entre-francia-y-mexico-desde-la-mirada-de-los-investigadores-franceses&catid=201%3Aexperiencias-y-programas&Itemid=770&lang=es
5. Badillo Guzmán (J.) & Didou Aupetit (S.), « La colaboración científica entre Francia y México, desde la perspectiva de los investigadores franceses : aproximaciones preliminares », Colloque Circulation internationale des connaissances. Enjeux académiques et scientifiques dans les pays en Développement, México, 9-11 OCTOBRE 2012.
6. Cornu (J.-F.) & Gérard (E.), 2012, « Circuits de mobilité pour formation de l’élite scientifique mexicaine (1950-2010) : le poids des divisions internationales du marché de la formation et des “chaînes et savoirs” en question », Colloque Circulation internationale des connaissances. Enjeux académiques et scientifiques dans les pays en Développement, México, 9-11 octobre.
7. Cornu (J.-F.) & Gérard (E.), 2013, « Trayectorias de formación de los estudiantes-investigadores, mercado internacional de la formación y papel de los extranjeros en la ciencia mexicana : enfoques metodológicos », Séminaire international ROMAC-Sudélites, Paris, septembre.
8. Didou, S. y E. Gérard, 2012, “Movilidades y redes científicas entre Francia y México : una investigación sobre intercambios de personas y de saberes”. UNESCO, Portal OBSMAC, Sección Expertos Opinan. (http://www.iesalc.unesco.org.ve/ind...)
9. Garcia (D.) & Wagner (A.-C.), « Los estudiantes mexicanos en las carreras de gestión y de ciencia política », Séminaire international ROMAC-Sudélites, Paris, septembre
10. Gérard (E.) & Grediaga Kuri (R.), 2012, « Entre brèches et héritages. Mobilité académique mexicaine dans la seconde moitié du 20è siècle », Colloque La migration en héritage dans les Amériques, Paris, 6-8 juin
11. Lopez (M.), 2013, « Ingenieros mexicanos en búsqueda de destinos de formación », Séminaire international ROMAC-Sudélites, Paris, septembre
12. Wagner (A.-C.), 2013, « Les classes dominantes et le champ du pouvoir », communication au Vè congrès de l’AFS, Université de Nantes, « Les dominations », 3 septembre
13. Wagner (A.-C.), 2013, « Les classes dominantes dans la mondialisation », Université d’été « Dominations et résistances » (RéDoc AISLF/AUF), organisée par le département de sociologie d’Aix-Marseille Université, « Espaces, cultures, sociétés », LPED, LAMES et le LEST, 5 juillet 2013
14. Wagner (A.-C.), 2013, « La formation des identités culturelles à la Cité internationale », Communication au colloque International Creative Campus (CIUP), 17 octobre 2013