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Enfants victimes, enfants précaires et jeunesse « violente » en Afrique de l’est (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda) : réalité, perceptions et prise en charge

Responsables scientifiques

Partenariat

Membres du CEPED participant au projet

Financement

Résumé

Le programme EVEPJVAE est un programme de recherche mené en collaboration avec l’IFRA-Nairobi et le CEMAF (UMR 8171 Université de Paris 1 – Université de Provence – EPHE - CNRS) . Il s’agit d’un projet international pluridisciplinaire, portant sur le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

Dans la région de Grands lacs, en Afrique orientale, la vulnérabilité et la précarité qui touchent les enfants (enfants et jeunes-adolescents), se sont accrues ces dernières années avec plus ou moins d’intensité en raison de la situation politique conflictuelle ou post-conflictuelle. Selon le contexte économique voire épidémiologique des pays, elles s’imposent comme une réalité structurelle dans
les villes dans les campagnes et s’accompagnent d’une multiplication de situations extrêmes. La dégradation ou le plafonnement des indicateurs sociodémographiques (mortalité infantile et juvénile), socioculturels (scolarisation), nutritionnels (malnutrition) et les synthèses nationales annuelles n’en témoignent qu’en partie, alors que la société civile, les ONG et la communauté internationale en dévoilent de plus en plus les manifestations violentes. Ainsi depuis plusieurs années, s’est imposée la question sensible des violences subies par les enfants, en particulier celle
des « enfants soldats », une condition déconcertante qui dévoile une double violence, la violence subie mais aussi une violence portée par les enfants, les adolescents, les jeunes.

Cette situation a amené à un certain nombre d’initiatives et de réalisations, a inspiré des politiques publiques, suscite et révèle des changements dans les perceptions et représentations de l’enfant, de l’enfance, de la jeunesse. D’une part l’identification de groupes d’« enfants victimes » au-delà des « enfants soldats », comme les « enfants de la rue », les « enfants orphelins du Sida », les « enfants déplacés, réfugiés », les « enfants victimes de violence sexuelle, de traite » a permis un traitement urgentiste, social spécifique soit dans le cadre des politiques transitoires de sortie de crise, de reconstruction, de réinsertion ou de démobilisation, soit dans le cadre de politiques publiques structurelles, sectorielles, sociales ou urbaines de lutte contre la pauvreté. D’autre part la violence faite aux enfants ou à certains, tant quotidienne que symbolique, mais également les risques que font courir les enfants victimes comme les enfants précaires, les jeunes à la société sont devenus un « objet de discours », voire de débats autour de la maltraitance, de la condition et des droits des enfants, de la violence juvénile, dont les registres vont de la victimisation à la criminalisation des enfants, des jeunes. Apparaissent alors de nouveaux problèmes : les « enfants abandonnés adoptés », les enfants domestiques « boys, grooms, bonnes, nounous… », la déscolarisation des filles, la mortalité infantile différentielle, les formes modernes de traite des enfants, les violences juvéniles scolaires qui appellent à de nouvelles prises en charge politique, juridique, sociétale… Cette prise de conscience émergente a le mérite de dévoiler qu’en deçà des « enfants victimes » des temps de guerre existent en temps de paix ou en sortie de guerre une précarité générale, des situations précaires, des « enfants précaires », et que se pose la question de l’adolescence, de la jeunesse.
Le projet traite donc des « enfants précaires », entre « enfants victimes et jeunesse
violente », il désire primo en mesurer les diverses dimensions, du moins contribuer à une meilleure connaissance encore parcellaire du sujet ; secundo étudier la prise en charge familiale et institutionnelle des enfants ; tertio s’interroger sur la nature des changements en procédant à une triple mise en perspective historique, politique et anthropologique, en examinant l’évolution des représentations sociales en cours.

Le CEPED, en partenariat avec le Centre for Population and Applied Statistics, de l’’université de Makerere, est responsable dans ce programme de recherche de l’analyse des données démographiques disponibles concernant la prise en charge des enfants au Rwanda et en Ouganda, d’enquêtes qualitatives sur la place des grands parents dans cette prise en charge en Ouganda et participe à la mise en perspective anthropologique de ces travaux démographiques.

Mots-Clés

Enfance, adolescence, violence, prise en charge, précarité, Afrique de l’Est.

Zone géographique

Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda.

Calendrier

novembre 2009 - décembre 2012.

Contact

valerie.golaz chez ceped.org