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L’internationalisation de la recherche au Maroc : Gouvernance, institutions, réseaux, projets de recherche et personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (projet d’ouvrage)

RESPONSABLE SCIENTIFIQUE

PARTENARIAT

Ce projet d’ouvrage s’inscrit dans la continuité de plusieurs travaux réalisés au cours des années 2001-2013. Il bénéficiera d’un partenariat diversifié, déjà fortement engagé tant au sein des institutions de coordination et de pilotage du système national de recherche et d’innovation (SNRI) marocain (MESRSFC, IMIST/CNRST, Académie Hassan II des S&T, etc.), qu’au sein des universités publiques (notamment Rabat-Agdal, Mohammedia, Marrakech, Meknes et Fès) et de plusieurs institutions privées (notamment UIR et MAScIR).

FINANCEMENTS

RÉSUMÉ

Les raisons de l’internationalisation de la recherche, de la science et de la connaissance sont nombreuses et si elles se sont multipliées avec la complexification des problèmes scientifiques à résoudre, la facilité croissante à se déplacer, l’usage de l’Internet et le rôle des politiques incitatives à la mobilité scientifique, elles font écho à un des aspects qui a été au cœur de la production scientifique avant que celle-ci ne devienne un enjeu économique : la science, ou plutôt les producteurs de savoirs scientifiques ne connaissent pas les frontières et de tous temps ont perçu la science comme une activité entre « pairs » dont l’humanité entière serait la bénéficiaire .

L’internationalisation d’aujourd’hui est à la fois fille de cette pratique transfrontière de la science et de la mondialisation des marchés. Les scientifiques échangent, s’envoient leurs travaux, se déplacent, se rencontrent, créent des réseaux entre pairs mais s’impliquent aussi désormais dans des réseaux réunissant aussi des innovateurs, des entrepreneurs et des usagers et partant, l’appartenance à ces réseaux à haute intensité de connaissances, par nature internationaux, est devenue, en soi, un enjeu politique de développement économique et social. Les pays qui sont en dehors de ces réseaux où circulent la connaissance et l’innovation sont en dehors de la carte mondiale de la circulation de la science et de la technologie.

Partant de cette constatation, nombre de pays se mobilisent pour accéder à cette « science mondiale » alors même que leur système S&T leur offre peu de moyens de produire les acteurs, les outils et la connaissance nécessaires à cette mise sur orbite internationale de leur science. C’est le cas du Maroc qui, voyant toujours partir un grand nombre de ses étudiants au niveau du doctorat (lesquels restent le plus souvent à l’étranger) et qui est confronté au chômage de ses diplômés cherche par différents moyens de s’inscrire dans la circulation scientifique mondiale.

Le Maroc co-signe aujourd’hui près de 50% de ses publications indexées avec des chercheurs étrangers, comparé à 30% au début des années 90. Situé entre Europe et Afrique, le pays tente aujourd’hui de susciter et d’accompagner l’évolution qui s’observe vers l’internationalisation tant au niveau des institutions que des agendas de recherche et il cherche à articuler cette internationalisation autour d’enjeux régionaux ou mondiaux tout en privilégiant l’émergence de partenariats publics/privés et/ou d’institutions privée. Car la science globalisée est elle-même devenue un marché.

Au cœur de cette mondialisation s’inscrivent également les questions de mobilité et de circulation tant des chercheurs que des savoirs et cela relance et exacerbe la question relative à l’importance stratégique et potentielle des compétences marocaines à l’étranger. L’émergence récente au Maroc de plusieurs institutions privées d’enseignement supérieur et de recherche dont les personnels, recrutés à l’étranger notamment parmi la diaspora S&T marocaine, s’inscrivent dans une science monde et redéfinissent les modes d’organisation de la science et des collaborations scientifiques (à la marge des universités publiques) participe à cette redéfinition du paysage institutionnel mondialisé. C’est autour de la problématique de la mondialisation et de la privatisation des systèmes de production des savoirs et de la circulation des chercheurs et des connaissances, avec comme terrain principal le Maroc, que nous proposons mener ce projet d’ouvrage, lequel cherchera, entre autres, à éclairer les questions suivantes :

  • Est-ce que le retour de la diaspora est souhaité et souhaitable et peut-il contribuer à renforcer et internationaliser le SNRI marocain en jouant un rôle de levier sur les institutions qui la reçoit ou par les institutions qu’elle crée ? Ces retours sont-ils définitifs où s’inscrivent-ils dans une logique de circulation, le Maroc n’étant qu’une station sur le parcours ?
  • Quelles sont les implications pour le SNRI marocain de l’internationalisation de la science et des savoirs en termes de politique scientifique, d’agendas de recherche et de gouvernance ? Ces évolutions participent-elles au renforcement du SNRI marocain ?
  • La multiplication des institutions privées connectées à la science monde est-elle un moyen efficace pour jouer un rôle d’entraînement et de promotion du niveau scientifique des vieilles (ou moins vieilles) institutions publiques ? Ne court-on pas le risque de renforcer l’asymétrie entre des institutions publiques exsangues dont la mission se limite de plus en plus à l’accueil non sélectif d’une population de bacheliers en accroissement exponentiel et de jeunes institutions privées disposant de moyens importants et sélectionnant ses étudiants sur la base de l’excellence ?
  • Quel est l’impact à court et moyen terme des partenariats public/privé et de la circulation internationale des élites sur les politiques d’innovation et de développement ?

Cet ouvrage s’articulera autour d’une dizaine de chapitres impliquant une dizaine d’auteurs français et marocains.

MOTS CLÉS

Coopération scientifique internationale, systèmes nationaux de recherche et d’innovation, politiques scientifiques, évaluation, science monde, chercheurs, mobilité, circulation, savoirs.

ZONE GÉOGRAPHIQUE

Maroc, Maghreb

CALENDRIER

Octobre 2014 - Décembre 2016

Contact
jacques.f.gaillard chez gmail.com ou jacques.gaillard chez ird.fr