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2010 • 09

Les Africains subsahariens vivant en France : caractéristiques sociodémographiques et accès aux soins

Maider Couillet pour le projet PARCOURS

Les migrants originaires d’Afrique subsaharienne, cʹest‐à‐dire les personnes nées en Afrique subsaharienne, de nationalité étrangère à la naissance, et résidant actuelle‐ment en France, représentaient environ 570 000 personnes en 2004. Il faut rajouter à ce chiffre les personnes en situation irrégulière, non déclarées dans les statistiques publiques, et dont la proportion est estimée à 10 % des migrants. Cette immigration subsaharienne a connu au cours des vingt dernières années un essor important, cependant les subsahariens ne représentent que 12 % de l’ensemble des immigrés en France. Les Africains vivant en France présentent des profils très hétérogènes en termes de pays, de parcours migratoire, de caractéristiques sociodémographiques et de conditions de vie sociale en France. Les motifs de migrations principaux relèvent de raisons familiales et du travail.

D’une manière générale, cette population des Africains vivant en France se caractérise par une structure d’âge jeune (la moitié avaient moins de 29 ans en 1999), un sex‐ratio H/F légèrement déséquilibré (1,17), un niveau d’instruction élevé (en 1999, d’après le recensement, 42 % avaient obtenu le baccalauréat et 27 % un diplôme supérieur, ces chiffres étant respectivement de 37 % et 23 % pour la population non immigrée). Les femmes sont arrivées en France plus souvent en couple que les hommes, dont 4 sur 5 étaient célibataires à l’arrivée. Le taux d’activité dans ce groupe de population est de 80 %, plus faible que chez les non immigrés (88 %) mais plus élevé que pour l’ensemble des immigrés (76 %). Parmi les actifs, le taux de chômage est plus important dans ce groupe de population que chez les non immigrés, mais il touche différemment les personnes ayant acquis la nationalité française que les autres : 11 % vs 19 %. Ces migrants originaires d’Afrique subsaharienne vivant en France apparaissent particulièrement touchés par deux maladies infectieuses graves : le VIH/sida et l’hépatite B.

La prise en charge de ces pathologies peut être rendue difficile, chez les étrangers en situation irrégulière, par les obstacles à l’ouverture des droits à la protection sociale, qui se multiplient.

Working Paper 9
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