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Vue d’ensemble

Origines

Si les États ont éprouvé depuis longtemps le besoin de compter leur population et de connaître leur dynamique, et s’ils ont investi pour cela des fonds considérables, ils ont malheureusement accordé beaucoup moins d’intérêt à la préservation des résultats et certains fichiers ou documents sont devenus quasi-introuvables, y compris dans leur pays d’origine. Fort heureusement, la situation est en train de changer et la sauvegarde, la conservation et la valorisation des opérations de collecte font l’objet depuis quelques années d’initiatives grâce à une sensibilisation progressive et croissante à la notion de " patrimoine démographique ".

IREDA s’inscrit dans cette dynamique en ayant pour objet l’inventaire documenté des opérations de collecte démographique en Afrique. C’est un projet conjoint entre le CEPED (UMR 196 Université Paris Descartes - IRD) et le bureau Francis Gendreau Consultant. Au CEPED, il est coordonné par Françoise Gubry au sein du projet transversal ValDemo.

Objectifs

IREDA a pour objectif de produire une description synthétique et documentée de chacune des opérations démographiques africaines (plus de 670 enquêtes et recensements de population) passées et présentes, d’informer sur les ressources existantes et d’en favoriser l’accès, en vue de l’utilisation de ces données par le monde de la recherche et de leur valorisation dans une perspective comparative. Les opérations retenues sont essentiellement des opérations nationales ; toutefois, certaines opérations localisées anciennes (des années 1950 et 1960) ont été prises en compte en raison de leur intérêt historique. Un tel inventaire documenté présente un intérêt à la fois pour les producteurs de données (valorisation de leur travail par une plus grande facilité d’accès) et pour les utilisateurs, notamment les chercheurs (facilitation de leur travail par la mise à disposition d’une information fiable et complète).

IREDA se distingue des autres inventaires existants car il a une complétude meilleure, surtout pour les opérations anciennes et pour les enquêtes ; il inventorie aussi les ressources associées, en valorisant notamment les travaux des utilisateurs des données. En revanche, IREDA ne gère pas les microdonnées, mais indique les liens vers les sites les fournissant.

Structure du projet

IREDA comprend un site Web bilingue (français et anglais), une bibliothèque virtuelle Redatek et une archive ouverte OAI/PMH. IREDA est aussi un portail vers les ressources des opérations, par des liens vers les sites correspondants (les INS, ACAP, IPUMS, IHSN, etc.).

Champs géographique et temporel de l’inventaire IREDA

L’ensemble du continent africain et des îles qui lui sont habituellement rattachées est pris en compte, soit au total 58 pays et territoires.

Dans chacun de ces pays, ont été retenues prioritairement les opérations nationales, c’est-à-dire ayant porté sur l’ensemble du territoire et sur l’ensemble de la population. Dans certains cas, ce caractère "national" est obtenu après agrégation de plusieurs opérations régionales proches dans le temps ; on parle d’opérations complexes. Comme indiqué précédemment, certaines opérations localisées anciennes ont été aussi prises en compte en raison de leur intérêt historique.

Cet inventaire part de la fin de la seconde guerre mondiale et couvre donc l’histoire statistique des pays africains. Il est aussi permanent, car tenu à jour de façon continue en fonction des informations recueillies. Les opérations n’y figurent qu’une fois exécutées sur le terrain.

Types d’opérations prises en compte

* Pour les recensements, il s’agit des recensements de la population (et éventuellement de l’habitat ou des logements). Figurent dans l’inventaire quelques recensements réalisés sur le terrain, mais "annulés" par la suite ou dont l’exploitation a été interrompue, le plus souvent pour des raisons politiques. Figurent aussi quelques "recensements administratifs", utilisés dans certains pays avant le premier "recensement statistique".

* Pour les enquêtes, n’ont été retenues que celles auprès des ménages fournissant des données démographiques au sens traditionnel de l’analyse démographique (données d’état et/ou de mouvement). Ne figurent donc pas dans cette liste les enquêtes sur le budget et la consommation, le niveau et les conditions de vie, la main-d’œuvre, les connaissances, attitudes et pratiques (enquêtes CAP) sur la contraception ou le Sida, sauf si ces enquêtes fournissent aussi des données démographiques. Les "recensements par sondage" ("sample census") figurent dans les enquêtes.

Les ressources externes

Les ressources d’intérêt pour le projet sont l’ensemble des documents écrits ou numériques disponibles des phases pré- et post-collecte conçus par les producteurs des données comme par les chercheurs ayant utilisé les données. Chacune des opérations démographiques est accompagnée de nombreuses ressources en ligne ou qui seront numérisées dans la mesure du possible et des autorisations accordées. Ces ressources concernent les rapports officiels et les documents techniques (questionnaires, manuels des enquêteurs, cartes, manuels de codification, documentation des bases de données, etc.), ainsi que les publications de recherche provenant des travaux des chercheurs ou de thèses d’étudiants. L’accent est mis sur les ressources des opérations anciennes, moins connues et moins accessibles.

Calendrier

Le projet a été lancé en 2008. Une première présentation en a été faite à l’Atelier sur l’accessibilité et la valorisation des recensements et des enquêtes démographiques en Afrique, organisé par PARIS21, l’INSEE et le CEPED à Paris le 3 juillet 2008. Une première version publique du site a été présentée au Congrès de l’UIESP à Marrakech (septembre-octobre 2009).

Le site a été mis en ligne en février 2010 avec les opérations de deux pays, le Congo (R. D.) et le Niger. Dix-sept pays y figurent aujourd’hui : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Congo (R. D.), Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo. Trois autres pays (Burundi, Guinée Équatoriale, Rwanda) y figurent avec quelques opérations. Les derniers pays francophones du sud du Sahara viendront ensuite, puis les autres pays.

Partenariats

Dès sa conception, IREDA a été construit comme un projet devant s’intégrer harmonieusement parmi les initiatives prises dans ce domaine, et se situant en complémentarité (dans la mesure où il renvoie par des liens sur les autres sites), et non en concurrence avec elles. Il utilise des normes (DDI pour la description des opérations, Dublin Core pour celle des ressources) le rendant compatible avec la plupart des autres projets, de même qu’il est compatible avec le toolkit d’IHSN.

C’est pour cette raison qu’IREDA a été lancé en relation avec PARIS21, l’INSEE, et des centres démographiques d’Afrique francophone (IFORD, Yaoundé ; CEFORP, Cotonou ; ENSEA, Abidjan ; ISSP, Ouagadougou ; URD, Lomé). L’alimentation d’IREDA est réalisée en partenariat avec ces centres (notamment dans le cadre d’un projet avec l’IFORD, l’ISSP et l’ODSEF, financé par l’Organisation internationale de la francophonie en 2013) ainsi qu’avec d’autres organismes (les Instituts de statistique, Afristat, IHSN, ODSEF, IPUMS-International, etc.). Les partenaires d’IREDA peuvent aussi bénéficier d’un outil simple d’archivage des données démographiques (la " Trousse à enquêtes ", mise au point grâce à un financement de l’IRD) et d’une formation à son utilisation.

IREDA se veut enfin un projet ouvert puisque les métadonnées, placées sous une licence Creative Commons, sont réutilisables et que la Trousse à enquêtes avec la méthodologie du projet sont librement téléchargeable sur le site du projet.

Un développement en cours résulte d’un partenariat avec le "CESD – Statisticiens pour le développement" afin d’inventorier et de décrire les opérations anciennes (des années cinquante et soixante), y compris les opérations localisées (en principe non prises en compte par IREDA), dont l’intérêt historique le justifie.

Septembre 2015