Genre, conditions de vie et conjugalité autour de deux ruptures biographiques : migration et diagnostic d’infection au VIH chez les immigré·e·s d’Afrique

8 novembre 2018
14h-16h30
Genre, conditions de vie et conjugalité autour de deux ruptures biographiques : migration et diagnostic d’infection au VIH chez les immigré·e·s d’Afrique
Séminaires de l’axe 1
@ Salle J202 bâtiment Jacob

Université Paris Descartes
45 rue des Saints Pères
75006 Paris

" Genre, conditions de vie et conjugalité autour de deux ruptures biographiques : migration et diagnostic d’infection au VIH chez les immigré·e·s d’Afrique subsaharienne vivant en Île-de-France ",une présentation de Mireille Le Guen.
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Résumé :
La migration internationale et le diagnostic d’infection au VIH sont deux ruptures biographiques pouvant affecter la trajectoire conjugale des individus. C’est en adoptant une approche matérialiste, et en abordant la conjugalité comme une forme d’« échanges économico-sexuels », que nous nous proposons d’étudier l’effet des conditions de vie sur les recompositions conjugales autour de ces deux évènements. Cette thèse s’appuie sur les données de l’enquête biographique ANRS-Parcours menée en 2012-2013 auprès de personnes immigrées d’Afrique subsaharienne âgées de 18 à 59 ans et vivant en Île-de-France. Nos résultats mettent en évidence que la migration affecte davantage les trajectoires conjugales des individus que le diagnostic d’infection au VIH. Par ailleurs, les recompositions conjugales suite à ces deux évènements dépendent des conditions de vie des personnes. Alors que les hommes ayant des situations administrative, professionnelle et résidentielle stables accèdent à l’union, les femmes ayant acquis une carte de résidente ou la nationalité française seraient davantage en mesure de retarder leur mise en couple après le diagnostic d’infection au VIH. Si la migration tend à renvoyer les femmes à la nécessité de faire couple afin d’accéder à la stabilité matérielle de leur partenaire, après le diagnostic d’infection aux VIH, elles semblent moins à même d’être en union probablement parce que le stigmate associé au VIH les affecte davantage que les hommes.

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