Ce qui est sorti de nous est revenu écrit

4 décembre 2018
17h30-20h
Ce qui est sorti de nous est revenu écrit
Le Ceped fait son cinéma...
@ Université Paris Descartes, salle des Conférences R229

Bâtiment principal 2e étage
45 rue des Saints Pères
75006 Paris

«  Ce qui est sorti de nous est revenu écrit. Documentation de la langue pesh (Honduras) », un film de Ludovic Bonleux et de Claudine Chamoreau (CNRS- CEMCA/Seydyl).

La présentation sera suivie d’un débat avec Christine Deprez (Université Paris Descartes/Ceped)

Production ZLDP, LABEX-EFL et USPC 48’, 2017

Résumé :
Environ 6500 langues sont parlées dans le monde. Selon l’UNESCO, 96 % d’entre elles ne sont parlées que par 4% de la population et d’ici la fin du 21e siècle, environ 90 % de ces langues auront disparu. Environ 95 % des langues ne sont pas écrites. Tel est le cas du pesh, langue de la famille Chibcha parlée par moins de 500 personnes au Honduras et menacée de disparition.

Le documentaire « Ce qui est sorti de nous est revenu écrit » décrit l’impact de la recherche linguistique réalisée dans les communautés où le pesh est parlé. Le projet de documentation de la langue a débuté en 2013 dans le but d’enregistrer plus de 30 heures d’histoires et de conversations et de décrire la langue. L’approche participative des chercheurs dans diverses communautés et la prise de conscience des locuteurs du danger de disparition de leur langue les ont amenés à s’engager collectivement dans des actions visant à créer et à publier les premiers livres de contes dans cette langue qui n’avaient jamais été écrite auparavant.

Le documentaire offre une vision locale et globale, tant des locuteurs, des chercheurs et des responsables de l’éducation. Il permet de comprendre la force symbolique et identitaire d’une langue, de son entrée dans l’écrit et de la rupture ou de la réorientation de sa transmission.

Claudine Chamoreau est linguiste, directrice pour l’Amérique centrale de l’antenne du Centre d’Etudes Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA) située au Guatemala, depuis mars 2018. Elle est également chercheure au Seydyl. Elle est Spécialiste de la documentation et description des langues indigènes parlées en Amérique (purépecha et pesh), du changement et du contact linguistiques ainsi que de la problématique liée à la transmission et rupture de transmission des langues.

Christine Deprez est professeure émérite à l’Université Paris Descartes et chercheure au Ceped. Ses champs de recherche sont le bilinguisme, les langues en contact, les politiques linguistiques et éducatives et les récits de déplacement.
Ses terrains de recherche se situent en Afrique subsaharienne et en Amérique latine

Depuis longtemps, le cinéma ou la vidéo sont des moyens utilisés par les chercheurs pour rendre compte des phénomènes qu’ils observent sur le terrain afin de proposer un autre type de diffusion des recherches. Si la réalisation des documentaires prend une ampleur très forte en anthropologie, toutes les sciences sociales sont concernées par ce nouveau médium. S’agit-il de mieux capter le réel ? Peut-on considérer un documentaire au même titre qu’un ouvrage scientifique ? La position de la caméra ou le montage vidéo implique-t-il un regard spécifique sur le terrain ? En quoi une la caméra pose-t-elle des problèmes dans la relation aux personnes ? Les notions de subjectivité, d’intersubjectivité ou encore de co-construction sont par exemple en jeu dans les débats actuels autour du documentaire.

Le Ceped a initié depuis 2013 un cycle de projections de films documentaires suivies de débats.

La projection du film en présence du réalisateur et/ ou d’un conseiller scientifique du film sera suivi d’un débat introduit par un discutant.

]