Larissa Kojoué, Out in the internet. Cultures numériques, visibilités queer et politiques sexuelles en Afrique de l’Ouest et centrale

21 octobre
14h-16h
Larissa Kojoué, Out in the internet. Cultures numériques, visibilités queer et politiques sexuelles en Afrique de l’Ouest et centrale
Séminaires de l’axe 1
@ Salle « De Broglie C »

KOJOUE Larissa, assistante chargée de cours sociologie politique Université de Buéa Cameroun/chercheure associée Ceped Paris

Résumé
Se mobiliser contre le VIH/sida en Afrique a permis et favorisé l’exercice d’une citoyenneté nouvelle (la citoyenneté thérapeutique) pour des personnes potentiellement exclues des espaces publics du fait de l’infection par le VIH/sida, de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. L’accès à internet, aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux a ouvert la voie à une citoyenneté numérique plus forte. En effet, comme dans la plupart des contextes autoritaires où les corps et leurs expressions sont fortement contrôlés, ces derniers se rendent visibles, se rencontrent, échangent et font entendre leurs voix sur un terrain d’expression privilégié à raison de son accessibilité, de son ouverture et de la relative sécurité qu’il offre. Téléphones portables, internet et réseaux sociaux ont fait émerger quelques « exclu.es » devenues figures populaires quoi que controversées, dont une femme Trans du nom de Shakiro au Cameroun. Cependant, en même temps qu’ils éclairent sur l’existence des personnes gays, lesbiennes, bi sexuel.les ou Trans, ces outils prolongent, voire renforcent les violences sexistes et sexuelles, ainsi que le développement d’un mouvement transnational plus ou moins structuré d’attaques ciblées. D’où l’argument d’un continuum qui (re)met en lumière des processus et des déterminants des rapports inégaux de genre, de sexe, voir de classe et de race.
D’une approche d’analyse des politiques publiques du sida en Afrique à une approche queer et féministe des politiques sexuelles à l’ère d’internet, notre programme de recherche s’intéresse aux liens entre le genre, la sexualité et les pratiques numériques en contexte de forte (re)politisation des identités, au Nord comme au Sud. A partir du contexte camerounais mais aussi Sénégalais, Ghanéen ou Burkinabé nous discutons de l’évolution des pratiques numériques en même temps que des transformations des discours sur le genre et la sexualité et leurs conséquences (homophobie politique, anti-genre, anti-feminisme), ainsi que des stratégies mobilisées pour y répondre.

Mots-clés : numérique, genre, sexualité, queer, feminisme, Afrique de l’ouest et centrale

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