Soutenance de thèse

Soutenance de thèse de Koné Apalo Jean-Roland

29 octobre
14h-18h
Soutenance de thèse de Koné Apalo Jean-Roland
Soutenance de thèse
@ Université Paris Cité - Salle des thèses, 5e étage du Bâtiment Jacob

Université Paris Cité, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris.

Koné Apalo Jean-Roland soutien sa thèse : L’université en Afrique au prisme de la géopolitique des savoirs : dynamiques et institutionnalisation des sciences humaines et sociales en Côte d’Ivoire depuis les années 1960, dirigée par KLEICHE-DRAY Mina et ARVANITIS Rigas.

École doctorale : ED 623 « Savoirs, Sciences, Éducation »
Unité de recherche : UMR 196 CEPED – Centre Population et Développement (Université Paris Cité / IRD).

À distance  : Rejoindre la soutenance sur Zoom ( ID de réunion : 857 2834 0067 )

Composition du jury

Jean-Alain GOUDIABY, Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal) – Rapporteur
Kamal MELLAKH, Université Hassan II de Casablanca (Maroc) – Rapporteur
Josiane Carine TANTCHOU, CNRS – Examinatrice
Marie-Albane DE SUREMAIN, Université Paris-Est Créteil – Examinatrice
Mina KLEICHE-DRAY, IRD – Directrice de thèse
Rigas ARVANITIS, IRD – Co-directeur de thèse

Résumé de la thèse

Cette thèse pluridisciplinaire s’inscrit dans le champ des études des sciences et des techniques (STS).

Comment les sciences humaines et sociales se sont-elles institutionnalisées en Côte d’Ivoire depuis 1960, et dans quelle mesure ce processus a-t-il permis l’émergence d’une production scientifique autonome ? Cette thèse aborde cette question à travers le prisme de la géopolitique du savoir, en interrogeant les rapports entre héritage colonial, coopération internationale et construction nationale de la science.

Au croisement de la sociologie des sciences, de l’histoire institutionnelle et des études postcoloniales, la recherche mobilise trois concepts opératoires : l’institutionnalisation, la nationalisation – envisagée dans ses dimensions institutionnelle, symbolique et programmatique – et l’extraversion scientifique, au sens de Paulin Hountondji. Elle s’appuie sur un corpus d’archives consultées dans neuf centres documentaires en France et en Côte d’Ivoire, sur 41 entretiens menés auprès d’acteurs du monde universitaire et scientifique, ainsi que sur une analyse prosopographique de soixante trajectoires de chercheurs.

La thèse retrace d’abord la genèse du dispositif scientifique ivoirien, héritier des institutions coloniales (IFAN, ORSTOM) et façonné par les accords de coopération franco-ivoiriens de 1961-1962. Elle analyse ensuite la construction du système national de recherche : création de l’Université d’Abidjan en 1964, des instituts de recherche en 1966, puis politique d’ivoirisation des personnels à partir des années 1970. Elle examine enfin les reconfigurations induites par la crise économique des années 1980, la réforme de 1995, l’adoption du système LMD et l’influence croissante des agendas internationaux.

Deux études de cas approfondies – l’Institut d’Histoire, d’Art et d’Archéologie Africains (IHAAA) et l’Institut de Géographie Tropicale (IGT), tous deux créés en 1966 – éclairent des trajectoires contrastées : un déclin progressif pour le premier, une capacité de réinvention pour le second.

La thèse défend l’idée d’une « nationalisation sans maîtrise réelle » : si les SHS ivoiriennes ont fait l’objet d’une appropriation institutionnelle, symbolique et programmatique, celle-ci ne s’est pas accompagnée d’une véritable émancipation épistémique : les priorités de recherche, les cadres d’analyse et les financements sont demeurés largement déterminés de l’extérieur, faute d’une politique scientifique nationale portée par l’État. Les contraintes structurelles ont reconfiguré, sans la résoudre, une dépendance scientifique héritée de la période coloniale et entretenue par la coopération postcoloniale. Ce travail contribue ainsi à la compréhension des conditions de production des savoirs en Afrique et ouvre des pistes de réflexion pour les politiques scientifiques et universitaires contemporaines.

Mots-clés : institutionnalisation ; sciences humaines et sociales ; géopolitique du savoir ; extraversion scientifique ; nationalisation ; émancipation épistémique ; coopération scientifique ; Côte d’Ivoire.