Mickaël IDRAC soutient sa thèse

23 novembre 2020
14h30-17h30
Mickaël IDRAC soutient sa thèse
Soutenance de thèse
@ Visio Université de Paris

Mickaël IDRAC soutient sa thèse de sociodémographie

Thèse dirigée par Véronique Petit

Titre

Une sociologie de l’éducation en contexte de camp aux portes de l’Union européenne. A l’école des outsiders.

Jury

  • Constance de Gourcy, Rapportrice, Maîtresse de conférences, Univ Aix-Marseille
  • Antoine Pécoud, Rapporteur, Professeur des Universités, Univ Paris 13
  • Olivier Clochard, Examinateur, Chargé de recherche, IRD
  • Jean-Baptiste Meyer, Examinateur, Directeur de recherche, IRD
  • Lilyane Rachédi, Examinatrice, Professeure des Universités, Univ du Québec, Montréal
  • Hugues Moussy, membre invité, Directeur de la recherche et du développement, Unesco-IIPE

Résumé

Depuis l’aggravation du conflit syrien et la chute du régime libyen, la multiplication des camps de migrants aux portes de l’Union européenne devient une réalité. Ceux-ci sont souvent invisibilisés comme dans les Balkans, parfois médiatisés comme à Calais en France, mais aussi et surtout régulièrement instrumentalisés comme sur les îles de la mer Égée en Grèce. Ils consacrent en effet une « Europe forteresse » dont l’approche hotspots est devenue la pierre angulaire. Dès lors, les États de l’Union européenne mettent en œuvre des stratégies de plus en plus savantes pour ne pas inclure les enfants des camps dans un parcours scolaire formel et des dynamiques éducatives prennent vie à l’intérieur des camps. La fonction de l’éducation en situation d’urgence se trouve alors bouleversée tant elle devient un outil au service de la survie et non plus d’un redéveloppement post-crise ou post-conflit.

Au-delà d’une réflexion sur les mécanismes conduisant au développement d’écoles dans les camps, cette thèse propose une confrontation des influences réciproques entretenues par ces deux objets et analyse leurs conséquences sur la vie quotidienne des migrants. Elle apporte une contribution au champ de la sociologie des migrations en décrivant la production de rapports sociaux modifiant durablement et en profondeur la structure des camps. Jusqu’alors, au-delà du fait que la littérature sur l’éducation en contexte de camp soit peu fournie, elle était essentiellement issue des agences onusiennes. Par conséquent, elle se concentrait sur des aspects pratiques, focalisés sur l’enfant et sur les modalités d’apprentissages ou encore sur les techniques de soutien psychosocial. De fait, les réflexions sur la raison d’être d’un complexe éducatif à l’intérieur du camp, son importance pour la famille des élèves ou sa contribution au parcours migratoire d’adultes parfois sans enfants restaient des dimensions peu explorées. Afin d’y remédier, ce travail s’inspire de la littérature interactionniste de l’École de Chicago pour dépasser le cadre des destinataires traditionnels de l’école que sont les enfants et s’intéresser à tous ses usagers.

Enfin, les trois années d’enquête en France, Grèce, Italie, Macédoine du Nord et Serbie ont permis de catégoriser certains camps en tant qu’institutions totales, prenant le contrôle de migrants qui ne parviennent plus à agir ou penser par eux-mêmes. Cette recherche doctorale, en décrivant un processus initié par l’école et qui aboutit potentiellement à une détotalisation des camps interroge alors plus largement la sociologie des institutions.

Mots-clés
Camps de migrants ; Éducation ; Grèce ; Hotspots ; Institutions Totales ; Migrants ; Migrations ; Normes ; Outsiders ; Parentalité ; Réfugiés ; Transculturalité ; Trauma

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