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Pseudo-science et conflits de légitimité : étude de cas à partir du Mathias Corvinus Collegium

19 mai
17h-18h30
Pseudo-science et conflits de légitimité : étude de cas à partir du Mathias Corvinus Collegium
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@ Salle de réunion du Ceped , Université Paris Cité

45, rue des Saints-Pères 75006 Paris

Résumé :
Les politiques universitaires menées en Hongrie (2010-2026) et en Pologne (2015-2023) par des gouvernements dits illibéraux traduisent des stratégies de transformation de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Ces gouvernements ont procédé à une redistribution des titres, des positions et de l’argent, au profit d’un système parallèle, composé d’universités et d’instituts de recherche, publics ou privés, généreusement financés par de l’argent public, dont les productions échappent largement à l’évaluation académique, peu intégrés au réseau universitaire (national ou international), et qui singent les formes académiques à travers la production de colloques, publications et rapports d’expertise.

L’université illibérale incarne ainsi un nouveau mode de production et de diffusion des connaissances, et reflète des stratégies de transformation de l’ESR assez communément partagées par les extrêmes droites dans d’autres pays du monde (notamment aux États-Unis).
À partir du cas du Mathias Corvinus Collegium (MCC) hongrois, cette présentation interroge ce qu’un tel système para-académique produit, en termes de savoirs et d’infrastructures de production des savoirs. Cette université privée fondée en 1996 est devenue la principale université du pays, bénéficiant d’une véritable manne financière. Loin d’être une université ordinaire, le MCC est en quelque sorte le navire amiral de la science illibérale, spécialisé dans la production de rapports mimant les formes académiques, dédiés à l’instrumentalisation des droits des personnes LGBT par les institutions européennes, à la promotion d’une Europe des nations souveraines, ou encore aux aides à la presse allouées par l’Union européenne, accusées de former une machine de propagande.

Le MCC légitime ainsi un agenda idéologique et joue un rôle moteur dans la circulation transnationale d’idées et de discours conservateurs. Après la défaite du Fidesz de Viktor Orbán aux élections législatives du printemps 2026, la question de l’avenir du MCC, et plus généralement des réseaux transnationaux dans lesquels il s’inscrit et qu’il a contribué à consolider, se pose.

Présentateur : Valentin Behr est politiste, chargé de recherches CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses travaux portent sur la reconfiguration idéologique des droites et les réseaux conservateurs transnationaux, en particulier sous l’angle de la production et de la circulation des idées conservatrices, en Europe et entre l’Europe et les États-Unis.

  • Date et heure mardi 19 mai 17h à 18H30
  • Organisateur – cadre institutionnel
  • Quatrième séance du séminaire : Les sciences face à la répression : enjeux et répertoires en contexte illibéral
  • Accessible sur inscription : gt.acs@ceped.org