Soutenance de thèse de Léo Montaz

30 novembre 2018
14h-17h
Soutenance de thèse de Léo Montaz
Soutenance de thèse
@ Amphithéâtre Durkheim, Sorbonne

17 rue de la Sorbonne
75005 Paris

Léo Montaz soutient sa thèse d’ethnologie, "’Manger pour soi-même’ Stratégies d’émancipation et processus d’autonomisation chez les jeunes bétés de ’retour à la terre’ en Côte d’Ivoire", réalisée sous la direction de Olivier Leservoisier.

Devant un jury composé de :
Richard Banégas (rapporteur), Professeur, Sciences Po
Jean-Pierre Chauveau, Directeur de recherche émérite, IRD
Armando Cutolo (rapporteur), Professeur, Université de Sienne
Béatrice Lecestre-Rollier, Maîtresse de conférence, HDR, Paris-Descartes
Olivier Leservoisier, Professeur, Paris-Descartes
Véronique Petit, Professeure, Paris-Descartes

Résumé :
Les espaces ruraux ivoiriens, et particulièrement ceux du centre et de l’ouest-forestier, tel que le pays Bété où j’ai mené mes enquêtes, présentent une caractéristique notable : ils accueillent plus de migrants qu’ils n’en fournissent, et ces migrants sont majoritairement des jeunes hommes. La Côte d’Ivoire est en effet marquée, depuis la fin des années 1970, par un fort processus migratoire dit de « retour à la terre », qui n’est
bien souvent qu’un retour au village. Il concerne aujourd’hui des jeunes ressortissants autochtones de la zone forestière, qui viennent s’installer dans leurs villages d’origine avec l’espoir d’un mieux vivre pour certains, ou comme une solution de pis-aller pour d’autres. Ce processus migratoire est généralement interprété comme une conséquence de la précarité urbaine et comme l’une des causes de l’aggravation de la crise sociofoncière dans le pays.

Cette thèse propose un autre regard sur ce phénomène en l’appréhendant sous l’angle des dynamiques économiques et politiques provoquées par ces jeunes, porteurs d’une idéologie de la « modernité », alors qu’ils cherchent à s’émanciper de leurs aînés et à créer de nouvelles formes de solidarité. Ces ambitions s’accompagnent de deux processus concomitants dont l’analyse constitue le coeur de ce travail : l’autonomisation de la jeunesse comme catégorie politique d’une part et l’individualisation de certains jeunes au sein de cette catégorie d’autre part. Cette thèse apporte ainsi un éclairage sur deux processus rarement analysés dans les villages, alors qu’ils sont bien documentés en ville.
Elle permet plus largement d’apporter des éléments de compréhension sur les mutations contemporaines que connaissent les zones rurales en Côte d’Ivoire.

Mots clés : Jeunesse ; Rapports intergénérationnels ; Autonomisation politique ;
Individualisation ; Cadets ; Migration de retour ; Conflits ; Émancipation ; Gestion
foncière ; Gestion politique ; Bété ; Côte d’Ivoire

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