Soutenance de thèse

Soutenance de thèse de Vanessa Cardozo Alarcón, jeudi 7 mai à 8h30 à Lima, Pérou

7 mai
15h30-18h30
Soutenance de thèse de Vanessa Cardozo Alarcón, jeudi 7 mai à 8h30 à Lima, Pérou
Soutenance de thèse
@ En visioconférence

La conclusion de mon doctorat approche et la date de la soutenance est fixée jeudi 7 mai à 8h30 heure de Lima et donc 15h30 heure française. Hélas, vous ne pourrez pas être présents physiquement comme vous l’auriez certainement été à Paris. Peut être certains d’entre vous auront l’envie, et bien sur la disponibilité, pour une présence virtuelle.

Alors, si oui, dites moi et je vous adresserai le lien zoom. En tout cas je penserai bien à vous ce jeudi et à tout ce que vous m’avez apporté chacun à sa manière pour mener à bien ce projet.

École Doctorale : Savoirs, Sciences, Éducation (ED 623)
Laboratoire Centre Population et Développement (CEPED-IRD/UMR 196)

Titre de la These : Santé et savoirs alimentaires locaux des femmes migrantes au Pérou et en France : histoires, produits alimentaires et identité en circulation.

Par Vanessa CARDOZO ALARCON
Thèse de doctorat en Sciences Techniques et Sociétés (STS)
Dirigée par Mina KLEICHE-DRAY
Et par Margot QUINTANA SALINAS

Resumé :

Introduction : Au Pérou, il existe des situations de vulnérabilité alimentaire, d’anémie, de surpoids et de consommation d’aliments ultra-transformés, qui touchent principalement les migrants des Andes, en particulier dans la périphérie de Lima. On a également observé une consommation d’aliments provenant de leurs lieux d’origine, dont les valeurs nutritionnelles sont incontestables. En France, il existe un lien entre les problèmes de santé publique et la consommation d’aliments ultra-transformés, en particulier chez les populations migrantes en situations de vulnérabilité. Si ces populations, parmi lesquelles les femmes sont les plus touchées, sont confrontées à des difficultés alimentaires ou à des problèmes de santé, c’est peut-être parce qu’elles manquent d’autonomie alimentaire. Cela a conduit à s’interroger sur l’importance que pourraient avoir les savoirs alimentaires face à des situations de vulnérabilité nutritionnelle et sociale.

Objectif : explorer les savoirs alimentaires locaux et leur relation avec la santé dans le contexte de la migration chez les femmes en France et au Pérou à travers leurs histoires de vie, produits alimentaires et identité.

Méthodologie : étude ethnographique, multi-située et participative dont l’outil méthodologique principal était les histoires de vie, avec comme axes transversaux les approches de genre, participative et décoloniale. Participantes : 10 femmes résidant à Lima et 9 dans la périphérie de Paris, d’origines et de parcours migratoires divers : internes et internationales de l’hémisphère sud.

Résultats : Dans les deux groupes de femmes, le travail domestique a été lié à la cuisine et à divers éléments qui composent l’alimentation et les soins de santé. La circulation migratoire a impliqué un déplacement géographique accompagné d’un changement de pratiques au fil du temps. La croyance dans le progrès, le travail familial et les conditions de vie ont été les principales causes du déplacement. Le système alimentaire dans les deux contextes a permis la préparation de recettes traditionnelles. À Lima, les pratiques alimentaires se sont manifestées à travers leurs habitudes alimentaires, leur participation à des cuisines collectives, la cuisine familiale, la culture alimentaire actuelle, l’utilisation de techniques culinaires, les préférences alimentaires et les changements d’habitudes résultant de la circulation des savoirs. Le système alimentaire se caractérisait par l’approvisionnement en produits originaires basé par les envois de colis, ainsi que par une forte présence de cuisines collectives À Paris, les pratiques alimentaires étaient associées à leurs habitudes alimentaires, à la culture d’origine, aux techniques culinaires, à la fréquence des repas faits maison, aux préférences alimentaires et à l’utilisation d’épices et d’autres ingrédients dont les noms varient selon le groupe ethnolinguistique. Le système alimentaire a permis de recréer des recettes en les adaptant grâce à l’utilisation de nouveaux ingrédients locaux, offrant une grande diversité de produits considérés comme exotiques.

Conclusions : Les savoirs alimentaires des femmes dans le contexte de la migration, sont des ressources précieuses construites à partir de l’interaction avec les différents acteurs qui font partie de la circulation migratoire et de la tradition familiale d’origine. Ces savoirs se manifestent dans les pratiques alimentaires, la culture alimentaire locale et d’origine, le répertoire culinaire, le système alimentaire et l’utilisation d’ingrédients clés pour la reproduction des recettes. L’expérience du voyage a renforcé et réaffirmé la valeur des aliments de leur terre, ainsi que ceux provenant d’autres territoires. L’attention pour la santé a été présente dans l’utilisation d’ingrédients clés.

Mots-clés : savoirs alimentaires, migrants, femmes, histoires de vie, santé.