Jean-Baptiste Meyer : L’AUF et l’IRD renforcent les compétences des encadrants de thèse maghrébins

La formation s’est déroulée au centre de formation et d’expertise pour les entreprises, dans le campus de la Faculté des Sciences de l’Education de l’Université Mohammed V de Rabat. Elle a rassemblé 30 stagiaires et mobilisé 6 enseignants. L’objectif principal était de développer les compétences des enseignants-chercheurs afin d’améliorer l’accompagnement de leurs étudiants dans la construction et la conduite de leur thèse dans ses différentes étapes : définition du sujet et de la problématique ; recueil et analyse des données ; éléments sur la rédaction scientifique. Un volet sur le management de la thèse et sur les bonnes pratiques de l’encadrement de doctorants a été également développé.
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JB Meyer a répondu aux journalistes du Point, lors d’une interview

- Selon vous, pourquoi le gouvernement a-t-il pris cette décision ?

Selon nos collègues enseignants chercheurs et responsables universitaires marocains, le système souffre de difficultés chroniques (surcharge des effectifs étudiants, défaillances du corps enseignant, inadéquation entre les deux systèmes scolaire et universitaire, chômage des diplômés à la sortie, parmi d’autres). Ces problèmes sont parfois imputés à l’architecture LMD, qui a été vendue par le passé comme une solution potentielle à tous ces maux, car supposée faciliter la professionnalisation des formations, l’ouverture et l’internationalisation, l’homogénéisation et la circulation des compétences, la simplification des cursus…

- Que va-t-elle changer pour les étudiants d’Afrique subsaharienne (la grande majorité des étudiants étrangers), qui, eux, sont sous le système LMD ?

Il y a près de 20.000 étudiants étrangers, principalement originaires d’Afrique subsaharienne, au Maroc. Cela représente une proportion significative mais cependant limitée à 2% du million d’étudiants présents dans les établissements du royaume. De surcroît, la moitié d’entre eux sont dans un secteur privé au fonctionnement souvent déjà découplé du LMD universitaire standard. L’impact du changement sur cette population devrait être par conséquent pondéré en fonction de cette répartition. Enfin, la modification minime du cursus, limitée au premier cycle, ne préjuge guère d’une rupture des passerelles avec les systèmes nationaux d’enseignement supérieur de ces pays.

- Cette mesure traduit-elle, aussi, d’un changement de paradigme dans la politique migratoire du royaume ?

La mesure a un affichage « bachellor » éminemment symbolique. Pour autant, elle consiste techniquement en l’ajout d’une année de transition entre l’école et l’université pour doter les étudiants de compétences linguistiques et transversales. Ce qui n’augure pas d’une transformation radicale du cursus mais d’une adaptation aux conditions d’une mondialisation élargie. Cet ajout relève par conséquent plus de l’innovation incrémentale que du changement paradigmatique. La revendication d’un rapprochement avec le bachellor traduit plus une volonté d’élargissement du spectre qu’une réorientation profonde des flux de mobilité et des liens.