Gaïapolitique du changement climatique : quelques enseignements de la COP de Belém et de ses prolongements
Résumé
Depuis deux ans, la diplomatie climatique est battue en brèche tant par les négationnistes que par les écologistes radicaux. Le multilatéralisme sur lequel elle s’appuie est ainsi mis à l’épreuve comme jamais auparavant. C’est dans ce contexte que l’Amérique Latine prend l’initiative de trois évènements majeurs : la COP16 « biodiversité » à Cali en octobre 2024, la COP30 « climat » à Belém du Para en novembre 2025 et la conférence de sortie des énergies fossiles à Santa Marta en avril 2026. Les deux derniers évènements, récents, sont ici étudiés pour examiner quelles dynamiques et quels résultats ont émergé dans cette situation globalement défavorable. Les premières sont très disparates, avec une mobilisation sociale qui laisse peu de doutes sur l’implication citoyenne globale vis-à-vis du climat, à rebours des antiennes médiatiques sur le désintérêt des opinions publiques. Mais se font jour aussi des résistances en coulisses, au cœur des négociations ainsi que des tergiversations de tous ordres au sein des délégations et entre elles. Les résultats sont de ce fait ambigus dans la mesure où la déclaration finale de la COP laisse tellement d’insatisfaction qu’elle génère une nouvelle conférence cinq mois plus tard pour en pallier les insuffisances. Mais la persistance d’un processus multilatéral malgré ces conditions adverses est déjà une réussite, en préservant toutes ses chances à la diplomatie climatique. Cette hétérogénéité paradoxale nous éloigne des schémas classiques de la géopolitique et nous rapproche d’une conception élargie de l’action écologique.
