Normes et pratiques du droit dans le monde arabo-musulman

Responsable scientifique

Partenariat

Financement

  • De 2010 à 2014 : financement par le fonds AIRD/ministère égyptien de la recherche scientifique
  • 2014-2016 : expertises pour l’OCDE

Résumé

Ce programme de recherche s’attache à étudier la place de la femme dans le développement au sud de la Méditerranée, à travers l’analyse des évolutions récentes du droit de la famille. Il entreprend une étude comparative des lois actuelles du statut personnel dans les pays arabes, avec un accent particulier sur l’Egypte, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. La mise par écrit des normes ne constitue en effet qu’une première étape. Les femmes doivent dans un second temps pouvoir accéder à la connaissance des droits qui leur ont été octroyés et se voir offrir un environnement qui leur permette de les utiliser. Se pose donc la question de la mise en œuvre effective de ces réformes, lorsqu’elles doivent subir la concurrence d’autres normes, religieuses, politiques, économiques et sociales, qui régissent elles-aussi les comportements individuels.

L’analyse de la législation sur la dissolution du mariage et l’étude des pratiques de rupture du mariage en Égypte permettent d’étudier ces deux facettes de l’évolution du statut de la femme dans la sphère familiale. Dès le début du XXe siècle, le législateur égyptien s’est en effet efforcé de rétablir un équilibre entre l’homme et la femme devant la rupture du mariage. Toutefois, en pratique, les femmes font face à un grand nombre d’obstacles, à la fois devant les tribunaux et au sein de la société, pour mettre en œuvre les droits qui leur ont été octroyés dans le domaine du divorce. Les tribunaux, d’une part, ne sont pas coupés de la société mais sont des participants actifs des conflits sociaux de toutes sortes. D’un autre côté, le divorce continue à souffrir de préjugés sociaux et se déroule presque toujours dans la souffrance et les conflits.

Ce projet s’attache à étudier la dimension juridique et sociale du divorce au sein de la société égyptienne et les obstacles qui viennent entraver le recours par les femmes aux différents modes de rupture du mariage que le droit a mis à leur disposition. Cette recherche s’inscrit dans une réflexion sur l’intervention publique en faveur du développement et de la promotion du rôle de la femme dans la société à travers l’adoption de nouvelles normes. Le droit doit-il capturer et renforcer les normes culturelles profondes et les pratiques communautaires ou bien, au contraire, être un véhicule de changement social ? Les pratiques sociales vont-elles engendrer la production de nouvelles règles de droit ou inversement, la norme de droit, une fois transmise, va-t-elle réussir à modifier les pratiques sociales ? Le droit a-t-il seulement un rôle de conservation de l’ordre social ou bien ne peut-il pas également jouer un rôle de transformation de ce même ordre ?

Ce programme s’interroge également sur l’instrumentalisation politique de la question du droit de la famille, liée à la place de la shari’a comme source du droit, et sur l’influence de ces normes juridiques sur la participation économique des femmes.
Ce programme est mené en partenariat avec le Centre d’études politiques et stratégiques d’al-Ahram et l’’Université du Caire.

Mots-Clés

Famille, normes, monde arabe, charia

Terrains de recherche

Monde arabe, Égypte, Tunisie, Maroc

Calendrier

2010-2021

Résultats et valorisation

  • 5 avril 2013, IISMM/EHESS : organisation d’une Journée internationale d’études « Famille et politiques publiques dans le monde arabe »
  • 15 conférences entre 2012 et 2017
  • 2 expertises pour l’OCDE entre 2014 et 2016 ayant donné lieu à publication
  • Ouvrage de synthèse : en cours

Contact

courriel : nathalie.bernard-maugiron chez ird.fr

Thèmes