
Pour renforcer l’infrastructure hospitalière de Mopti, des scientifiques étudient son fonctionnement malgré la grave crise sécuritaire du pays.
En zones de conflit, les hôpitaux devraient constituer des sanctuaires. Pourtant, la réalité est tout autre : ils manquent cruellement de moyens et de personnels, et deviennent même, trop souvent, des cibles stratégiques. C’est le cas de l’hôpital Sominé Dolo, principal établissement de la région de Mopti, au centre du Mali. Depuis 2012, le pays traverse une crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire profonde, aggravée par la multiplication de catastrophes climatiques qui poussent des milliers de personnes sur les routes. Dans ce contexte, l’hôpital se retrouve en première ligne pour accueillir un afflux constant de malades, de blessés de guerre et de déplacés, tout en affrontant de graves enjeux de santé maternelle et infantile, à un moment où la mortalité en couche augmente, à rebours de la tendance mondiale. Le tout avec un manque cruel de personnel, les professionnels de santé envoyés sur place demandant souvent une réaffectation tant la situation est dangereuse.