
Le 28 janvier 2026, une soirée-débat consacrée à la justice et à la dignité menstruelles a réuni à Cotonou institutions, associations, chercheures, artistes et jeunes publics. Organisé par l’Institut français du Bénin, en partenariat avec l’Ambassade de France au Bénin et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’événement a favorisé un dialogue autour d’un enjeu encore trop peu discuté publiquement.
La soirée s’est ouverte par des mots institutionnels, notamment de l’Institut National de la Femme (INF), du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance et de l’Ambassade de France au Bénin, soulignant l’importance de reconnaître la santé menstruelle comme un enjeu de santé publique, d’égalité et de justice sociale. Les échanges ont ensuite permis de revenir sur les multiples dimensions de la précarité menstruelle, au-delà de la seule question des protections : accès à des produits adaptés, infrastructures d’hygiène et d’assainissement, information, prise en charge de la douleur, poids des tabous et des normes sociales, impacts sur la scolarité et la participation sociale.
Les interventions de la Fondation Claudine Talon et des ONG Filles en Actions et FJAD ont mis en lumière des initiatives concrètes menées au Bénin, ainsi que le rôle central des acteurs de terrain. La question du manque de recherche sur ces enjeux a également été discutée, avec l’idée de renforcer les liens entre action, plaidoyer et production de connaissances, au plus près des réalités vécues.
Pour RAVIT Marion, chercheuse, chargée de recherche IRD en Santé publique et co responsable de l’Axe 1 Santé mondiale : crises, politiques, interventions , l’objectif était aussi de :
faire se rencontrer des acteurs qui travaillent déjà sur ces questions (institutions, ONG, fondations, professionnelles de santé, artistes, chercheures, jeunes) afin de croiser les regards, valoriser les actions de terrain, et renforcer les liens entre action, plaidoyer et production de connaissances.
La soirée s’est poursuivie autour d’un cocktail animé et d’ateliers participatifs (jeux éducatifs, espaces d’expression artistique, discussions), ce qui a favorisé des échanges plus libres. Un bracelet symbolique, 28 perles pour le cycle et 5 perles rouges pour la période des menstruations a été distribué aux participantes, comme rappel simple de l’engagement collectif à faire circuler la parole. Selon Marion Ravit,
cette soirée confirme l’intérêt de ce format pour faire circuler la parole et créer des passerelles entre terrain, institutions et recherche.





