
Les 22 et 23 avril derniers, le Campus Condorcet accueillait les Journées d’étude « PrEP et sciences sociales : rendre la prévention du VIH accessible à celles et ceux qui en ont le plus besoin ». Ces journées ont réuni 73 participant.es, composés de chercheur.es, médecins, professionnelles associatifs et étudiantes. Cet événement a offert un espace de mise en commun des savoirs autour d’un outil de prévention en pleine évolution.
Qu’est-ce que la PrEP ? selon Sidaction, « la prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un outil préventif qui permet à une personne séronégative exposée au VIH de se protéger en prenant un traitement antirétroviral. » Près de quinze ans après le lancement de l’essai Anrs-IPERGAY, les sciences humaines et sociales continuent d’interroger la Prophylaxie pré-exposition (PrEP) sous toutes ses facettes. C’est dans cet esprit que se sont tenues, les 22 et 23 avril 2025, les Journées d’étude « PrEP et sciences sociales » à l’Auditorium 250 du Centre des colloques du Campus Condorcet. Ces deux journées s’inscrivent dans la continuité des réflexions amorcées lors de la journée d’étude de 2019 du Réseau des jeunes chercheurses en sciences sociales sur le VIH/sida.
Après les allocutions de Yazdan Yazdanpanah, Florence Thune et Nathalie Bajos, les travaux se sont organisés en plusieurs temps forts. Une première session a été consacrée à la PrEP comme objet de recherche en sciences sociales, suivie d’une table ronde sur les enjeux et méthodes d’enquête dans ce champ.
La journée du 23 avril a quant à elle exploré les publics de la PrEP, ses défis actuels, et les manières de renouveler les approches de recherche et d’intervention. Ce cadrage thématique a permis d’aborder des questions comme : l’élargissement des recommandations de la PrEP au-delà des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), la montée en puissance des prescriptions en médecine de ville, ou encore l’arrivée de nouveaux modes d’administration, formes injectables, implants, anneaux vaginaux. Autant d’évolutions qui reconfigurent les pratiques des acteurtrices de la santé sexuelle et appellent un regard renouvelé des SHS. Sur les 73 personnes présentes pendant les deux jours, la moitié était composée de chercheurses et de médecins, aux côtés d’une forte représentation de professionnelles associatifs et d’étudiantes.
Je suis ravi que nous ayons pu organiser ces journées. Je remercie toutes les institutions, dont le Ceped, qui ont rendu cela possible. Ces journées ont été particulièrement riches d’enseignements, tant pour les chercheurses, les médecins que pour les professionnelles du milieu associatif.
Les présentations ont été d’une très grande qualité. Elles ont permis d’explorer différents enjeux sociaux et organisationnels autour de la PrEP. Les regards pluridisciplinaires adoptés par les études présentées ont permis d’historiciser et de questionner l’évolution des normes préventives, incluant la PrEP mais pas uniquement.
Il a aussi été question d’analyser, d’une part, ce que la PrEP fait à et dit de la sexualité, et d’autre part, d’explorer comment la mise à l’agenda de la PrEP affecte ou reconfigure les pratiques des acteurtrices de la santé sexuelle.
La question des catégories mobilisées par les acteurtrices de la recherche et du milieu associatif, ainsi que les enjeux liés à l’adaptation des outils préventifs aux contraintes et modes de vie des populations, ont particulièrement alimenté les échanges.
Comme tout événement scientifique de ce genre, ces journées ont été l’occasion de réunir des personnes travaillant sur un enjeu commun. Nous espérons que ces rencontres auront contribué à alimenter les recherches en cours et qu’elles favoriseront l’émergence de projets de recherche novateurs. COULIBALY Karna, chercheur post-doctorant et co-organisateur des journées.