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Vers une meilleure intégration des futurs pères dans le suivi prénatal : l’exemple d’une étude menée à Montreuil

Vers une meilleure intégration des futurs pères dans le suivi prénatal : l'exemple d'une étude menée à Montreuil

Le 15 décembre 2025, la médecin et épidémiologiste PENOT Pauline a soutenu à l’Université Paris Cité une thèse d’épidémiologie sociale consacrée à une consultation prénatale masculine, proposée aux futurs pères à l’hôpital de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Intitulée Acceptabilité, déterminants et effets d’une consultation prénatale masculine incluant dépistage, rattrapage vaccinal et accès aux droits sociaux, proposée aux pères d’enfants à naître à l’hôpital de Montreuil, Seine-Saint Denis, cette thèse part d’un constat simple : pendant la grossesse, les femmes bénéficient de nombreux rendez-vous médicaux, sans être nécessairement malades, tandis que les hommes adultes restent souvent éloignés des soins préventifs, du dépistage et de la vaccination.

Cette thèse est la valorisation scientifique d’un projet pionnier porté par l’hôpital de Montreuil, puis la ville et l’Agence régionale de santé, explique Pauline Penot. « Montreuil est la première ville de France à proposer une consultation prénatale aux futurs pères, pour préserver et améliorer leur propre santé, et maintenant aussi pour contribuer à promouvoir un environnement sain pour les enfants à naître. Donner une assise scientifique à nos résultats était important.

La chercheuse pose alors une question centrale : la perspective de la paternité pourrait-elle devenir un moment symbolique pour les hommes de s’occuper de leur propre santé ? C’est dans cet esprit qu’une consultation prénatale dédiée aux pères a été expérimentée à l’hôpital de Montreuil, à condition que la partenaire accepte que leurs coordonnées soient transmises. Entre 2021 et 2022, tous les futurs pères dont les partenaires étaient suivies à Montreuil ont été invités à participer à l’étude. 80% des femmes en consultation prénatale ont accepté de transmettre les coordonnées de leur conjoint et 53% des hommes contactés se sont effectivement présentés à la consultation. Cette forte participation montre qu’une offre de soins spécifiquement orientée vers les futurs pères peut susciter un réel intérêt lorsqu’elle est structurée et accessible. La consultation comprenait un ensemble d’examens et de dépistages. Le test VIH a été accepté par 99% des participants. 18% des hommes ont été diagnostiqués ou réorientés vers une prise en charge pour une pathologie, notamment des hépatites B chroniques. Le dispositif mis en place lors de l’étude a permis d’orienter 17% des hommes vers une professionnelle de santé et 11% vers un accompagnement social.

Sur le plan vaccinal, 44% des participants ont reçu au moins un vaccin lors de la consultation, faisant de cette offre un levier important pour la prévention et le rattrapage vaccinal. Il est à noter que les immigrés précaires se sont le plus saisis de cette offre, et c’est aussi dans cette population qu’elle a eu le plus d’effets. La consultation prénatale paternelle a été bien acceptée et utile. À propos de la suite, Pauline Penot confie :

J’aurai plus de temps à consacrer à mon activité de responsable d’un service hospitalier et j’espère pouvoir y développer davantage d’activités de recherche. Peut-être un jour, qui sait, en faire un service universitaire.

LIADI Moubarakou, Ceped