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Femmes et équipes médicales face aux cancers gynécologiques et mammaires : expériences plurielles de la prise en charge thérapeutique biomédicale à Abidjan, (Côte d’Ivoire)

Thèse d’anthropologie sociale et culturelle préparée par Elise NÉDÉLEC sous la direction de Marc-Éric GRUÉNAIS à l’université de Bordeaux et Véronique DUCHESNE à l’université Paris Descartes.

Résumé du projet de thèse

Les récents rapports de l’OMS indiquent que 70% des nouveaux cas de cancers se situent dans les pays des Suds (dits à revenus faibles ou intermédiaires), chiffre prévu en augmentation durant la prochaine décennie. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, on assiste au silence des pouvoirs publics, des institutions de santé, des médias et aussi, parfois, de la société civile, face au cancer.
Á Abidjan, en Côte d’Ivoire, cette maladie touche des milliers de personnes selon les dernières estimations du Registre des cancers d’Abidjan. Elle devient une question de santé publique bien qu’encore négligée. Le triptyque VIH – tuberculose – paludisme domine l’action sanitaire et sociale à l’échelle nationale. Néanmoins, une équipe de soignants s’est progressivement spécialisée dans la prise en charge thérapeutique des personnes atteintes d’un cancer. Depuis les années 1980, ces professionnels de santé (essentiellement des médecins et quelques infirmiers) forment l’unique service de cancérologie en Côte d’Ivoire, au sein d’un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Abidjan.
En l’absence de radiothérapie, la réalisation d’interventions chirurgicales et de chimiothérapies constitue le plateau technique disponible. Seulement, ces soins sont extrêmement couteux et trop souvent à la charge des malades et de leurs familles (en dehors de ceux, minoritaires, disposant d’assurances privées ou d’Etat).
Cette thèse s’intéresse particulièrement aux expériences de femmes atteintes d’un cancer du sein ou du col de l’utérus et des soignants qui sont impliqués dans la prise en charge de ces maladies. Ces deux organes étant les plus concernés par la maladie cancéreuse en Côte d’Ivoire, les femmes représentent la population la plus touchée. Par l’approche compréhensive que permet l’anthropologie, cette recherche propose d’étudier les dimensions expérientielles, socio-culturelles et quotidiennes des femmes affectées et des équipes médicales de cancérologie et de gynécologie engagées. Il s’agit de mettre en exergue leurs vécus et leurs représentations de ces expériences ainsi que les relations de soins, en tenant compte des subjectivités de chacun (soignant / soignée).
Pour cela, les techniques d’enquête employées sont les méthodes ethnographiques. La réalisation d’observations (en contexte hospitalier et en dehors, dans l’intimité des foyers), la conduite d’entretiens semi-directifs et libres (récits de vie), comme la tenue de focus group permettent de recueillir des données au plus proche des expériences des acteurs.

Mots-Clés
Santé, Cancer, cancer du sein, cancer du col de l’utérus, femmes, expériences de maladie, trajectoires de soins, équipes médicales, biomédecine, relations de soin, inégalités, Côte d’Ivoire.

Zone géographique
Côte d’Ivoire, Abidjan, Afrique de l’Ouest.

Calendrier

  • Début de début de thèse : Octobre 2016
  • Date de fin de thèse : Fin 2020.