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Quand les Technologies entrent en Politique. Expertise, savoirs et contestations autour des technologies électorales et biométriques au Kenya et au Sénégal

Thèse de sociologie préparée par Cecilia PASSANTI sous la direction de Mathieu QUET et sous la codirection de Sara ANGELI AGUITON (CNRS - CAK) à l’Université Paris Descartes.

Cette thèse s’inscrit dans le cadre du projet de recherche transnationale sur « la bureaucratisation des sociétés africaines » de l’IHA-CREPOS à Dakar (https://www.dhi-paris.fr/fr/recherche/afrique.html).

Axe de recherche au Ceped : Axe 3 - Éducation et Savoirs au Sud

Résumé du projet de thèse
Le déploiement de technologies électorales numériques est un phénomène récent et massif en Afrique. Des années 2000 à aujourd’hui, environ quarante des cinquante-cinq pays ont mis en place des systèmes biométriques pour le recensement des électeurs, des machines à voter, des systèmes numériques de transmission des résultats.

Promues par les acteur.rice.s du développement (plus particulièrement ceux et celles issu.e.s du sous-champ de « l’aide électorale »), par des firmes les produisant, par des gouvernements et des groupes d’opposition, la biométrisation et l’informatisation des élections promettent à la fois la mise en place d’un « état civil crédible » et des résultats électoraux légitimes, censés être un « prérequis pour le développement dans le monde moderne » (Galeb & Clark, 2013). À partir des contextes de déploiement de ces technologies dans le cadre des élections kényanes (2017) et sénégalaises (2019) et à partir des discours des ingénieur.e.s informatiques développant ces systèmes, je propose une narration alternative au récit dominant justifiant leur mise en place.

Dans mes recherches, l’étude des logiques nationales régissant le déploiement de ces technologies est accompagnée par une étude du marché transnational des technologies vers ou pour l’« Afrique »1. La nature interdisciplinaire de cet objet qui se trouve au croisement entre expertise technique et prise de décision démocratique nécessite l’adoption de plusieurs approches (STS, science politique, études africaines). Dans le but de reconstruire les liens entre savoirs, technologies et politique (Jasanoff 2004 ; Harding 2011), j’étudie en premier lieu les politiques de la R&D au Kenya et au Sénégal et leur impact sur la production et sur la consommation nationale de technologies ; en deuxième lieu, j’analyse le marché des technologies électorales et biométriques, les stratégies commerciales des compagnies en Afrique et leurs connexions avec les acteur.rice.s locaux.les ; dans un troisième temps, je mets l’accent sur les logiques nationales de déploiement de la technologie aussi bien que sur les critiques auxquelles elles font face. Les technologies numériques dans le contexte électoral peuvent devenir un véritable problème public, comme on l’a vu pendant des élections plus ou moins récentes (USA 2000, Germany 2005, Kenya 2017, Zimbabwe 2018, RDC 2019, Nigeria 2019 etc.). Elles donne à voir des pratiques intimement politiques telles que la numérisation de l’identité civile et l’externalisation des bases de données personnelles des électeur.rice.s (Makulilo 2008). Qu’est-ce que l’informatique et ses experts font aux élections en « Afrique » et qu’est ce-que les élections en « Afrique » font au marché des technologies électorales numériques ?

Mots-clés :
Anthropologie de la technologie et de l’expertise, STS, Élections, Informatisation électorale, Machines à voter, Études Postcoloniales des Sciences et des Technologies, Sociologie de l’État, Bureaucratie numérique, Biométrie, Identité numérique, Représentation, Politiques des données, Big Data, Trajectoires globales du savoir technologique, Délibération, Prévision électorale, Légitimité électorale, Citoyenneté, Entreprises et État en Afrique, Technoscience, Techno-politiques, Politiques de l’Infrastructure, Techno-critiques, savoir et pouvoir, Frontières numériques.

Zone géographique
Zone 1 (Kenya, Nairobi), zone 2 (Paris, France), zone 3 (Dakar, Sénégal).

Calendrier
Début de la thèse : 2018
Date prévue de soutenance : 2021