Thèses en cours

Apport des autotests VIH dans l’accès au dépistage en Afrique de l’Ouest : l’expérience du projet ATLAS

Arsène KRA KOUASSI

Thèse de santé publique préparée par Arsène KRA KOUASSI sous la direction de Annabel Degrées du Loû et Joseph Larmarange à l’université Paris Descartes.

Cette thèse s’inscrit dans le cadre du projet de recherche ATLAS.

Résumé

L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions les plus touchées par le VIH, avec une épidémie à caractère mixte (prévalences < 3% dans la population générale et entre 10 et 20% dans les populations clés). Cette sous-région affiche des retards dans le domaine du dépistage, étape clé de la réponse face à cette maladie.

Depuis 2016, l’OMS recommande l’autodépistage du VIH (ADVIH) comme approche complémentaire pour fournir des services de dépistage du VIH. De 2018 à 2021, le programme ATLAS AutoTest VIH, Libre d’Accéder à la connaissance de son Statut VIH (AutoTest de dépistage du VIH : Libre d’Accéder à la Connaissance de son Statut) a distribué près de 400 000 autotests oraux de dépistage du VIH en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal via différents canaux de dispensation. Il ciblait notamment les populations clés (travailleuses du sexe, hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, usagers de drogues), les partenaires des personnes vivant avec le VIH et les patients atteints d’une infection sexuellement transmissible. ATLAS a misé sur la distribution secondaire des autotests du VIH, afin d’atteindre les individus non dépistés par les méthodes conventionnelles.

Cette thèse s’inscrit dans le cadre du volet recherche de ce programme de mise en œuvre. Elle vise à déterminer si la stratégie mise en œuvre par ATLAS, axée sur une distribution secondaire à partir de canaux ciblés, permet d’améliorer l’accès au dépistage du VIH, en particulier pour ceux avaient un accès limité ou inexistant aux services de dépistage classiques. Plus spécifiquement, la thèse cherche à décrire l’évolution temporelle de la dispensation de l’ADVIH, déterminer la proportion des primo testeurs, et estimer les taux de positivité des autotests VIH ainsi que le lien vers le test de confirmation et les soins.

Pour atteindre ces objectifs, nous avons exploré deux ensembles de données issus du programme ATLAS : des données quantitatives et qualitatives de suivi et évaluation, et des données issues de l’enquête téléphonique réalisée auprès des utilisateurs des autotests VIH.
Nos résultats montrent la grande acceptabilité et adaptabilité de l’ADVIH sur le terrain, notamment durant la crise liée à l’épidémie de Covid-19 ; sa capacité à améliorer l’accès au dépistage du VIH et à toucher des populations qui n’avaient pas ou peu accès à ce dépistage ; et sa capacité à diagnostiquer des personnes qui ne connaissaient pas leur séropositivité malgré un lien vers confirmation encore sous-optimal.

Nos résultats indiquent qu’il serait bénéfique de créer un environnement propice à l’implémentation de la stratégie de distribution secondaire, en faisant de celle-ci un élément central des programmes d’ADVIH. Il est aussi crucial de renforcer la communication autour de l’ADVIH et de clarifier son interprétation afin d’optimiser le lien vers les soins.

Thèmes

Dépistage, Santé Publique, Systèmes de santé, VIH/Sida

Zone géographique

Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal

Calendrier
• Début de la thèse : 2019
• Date prévue de soutenance : 2021

Thèmes