Ces femmes qui ont brisé le plafond de verre dans les entreprises privées du Cameroun : Déterminants sociaux et trajectoires individuelles d’une minorité active

Renette Laetissia KOUM DISSAKE

Thèse de Sociologie préparée par Renette Laetissia Koum Dissake
sous la direction de Fred Eboko à l’Université de Paris, Campus St Germain des Prés.
Co-direction par Marie-Thérèse Mengue, Université Catholique d’Afrique Centrale.

Résumé du projet de thèse

Ce projet se propose d’analyser le parcours et le cursus des femmes salariées, dirigeantes et cadres supérieures dans les entreprises privées du Cameroun, afin de comprendre comment elles ont pu émerger. Elles ne constituent en effet qu’une minorité d’après le Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population du Cameroun qui dans un rapport en 2014, affirmait que les femmes sont sous-représentées dans les fonctions dirigeantes. En effet, seules 7% des entreprises privées affiliées au Groupement Interpatronal du Cameroun (GICAM - l’équivalent ici du MEDEF) étaient dirigées par des femmes. Egalement d’après un autre rapport plus récent, le GICAM constate que les femmes représentent près de 55 % du personnel des entreprises qui y sont affiliées, mais seules 20% d’entre elles occupent des positions de cadres, et 10% des fonctions de cadres supérieures.

Ce projet recoupe une Sociologie du genre dans les pays du Sud, ici en Afrique subsaharienne, au niveau du Cameroun, avec une focale sur la mobilité sociale et la problématique de femmes. Evidemment, beaucoup de travaux ont déjà porté sur la résilience des femmes notamment en milieu urbain, mais ces travaux ont surtout mis en exergue la vulnérabilité des femmes à des niveaux de la stratification sociale relativement faible. Ce projet propose une autre perspective.

Deux types de variables guident mon interrogation. Les premières variables sont plutôt d’ordre classique et portent sur le capital culturel et le capital économique des familles dans lesquelles une partie de ces femmes été socialisée. Cette variable intègre simultanément le cursus académique des femmes et la transmission éventuelle du capital. Cette catégorie de femmes pourrait être nommée, à la suite de Bourdieu, « Les Héritières ».
Les secondes tiennent compte des autres femmes, qui n’ont pas de capital culturel ni économique au départ, sans formation universitaire en particulier, mais qui sont aussi à la tête de certaines entreprises privées. Cette catégorie de femmes peut être appelée « Les Self-Made-Women » parce que sans héritage familial particulier, elles ont su mettre à profit les réseaux dans lesquelles elles ont été impliquées.

Nous avons donc trois axes de recherche : un premier axe qui porte sur la généalogie des femmes en question, notamment sur les parcours migratoires des familles sur le temps long, de leurs régions d’origine vers Douala ou Yaoundé. Un second axe qui se situe à l’intérieur même des arcanes des entreprises, et un troisième axe (qui est un peu lié au premier : la généalogie), qui est la manière avec laquelle ces femmes gèrent aussi la sphère domestique, en lien avec la dialectique du couple.

Mots-Clés
Travail, Genre, Entreprises, Mobilité sociale, Plafond de verre, Généalogie, Promotion des femmes, Condition féminine, Dirigeantes.

Zone géographique
Cameroun, Douala et Yaoundé

Calendrier
• Début de la thèse : 2019
• Date prévue de soutenance : 2023

Thèmes