Projets achevés

PARCOURS • Parcours de vie, VIH / Sida et hépatite B chez les migrants originaires d’Afrique subsaharienne vivant en Ile-de-France

Responsables scientifiques

  • DESGRÉES du LOÛ Annabel (CEPED)
  • LERT France (INSERM)
  • DRAY-SPIRA Rosemary (INSERM)
  • LYDIE Nathalie (INPES)
  • BAJOS Nathalie (INSERM)

Partenariat

Membres du CEPED participant au projet

Autres membres participant au projet

Financement

Résumé

L‘infection par le VIH/Sida et l’hépatite B partagent des modes de transmission communs et affectent toutes deux lourdement la population d’origine africaine vivant en France, mais ces deux maladies diffèrent dans leurs répercussions sur la situation sociale des patients et leur circulation entre la France et leur pays d’origine. L’importance de ces deux infections pose, de façon spécifique à la population des Africains vivant en France, des questions relatives à trois domaines : la prévention (pour soi-même pour les non infectés / prévention de la transmission aux autres pour les infectés) ; l’accès au dépistage et à la prise en charge ; les conditions de vie avec la maladie. Ces trois étapes dépendent en grande partie des situations conjugales, familiales, économiques et sociales vécues dans le pays d’origine puis depuis l’arrivée en France. Il existe en effet chez les Africains vivant en France une grande variété de situations sociales correspondant à des raisons et à des conditions d’arrivée en France très hétérogènes. L’arrivée de la maladie dans le parcours de vie et la rapidité et la qualité de sa prise en charge vont dépendre étroitement de ces conditions sociales d’arrivée puis de vie en France, un des facteurs déterminant étant le statut administratif de la personne immigrée. Inversement, les remodelages sociaux consécutifs à la maladie dépendent probablement des itinéraires migratoires et du moment de l’infection ou du dépistage de cette infection dans cet itinéraire.
Ce projet avait pour objectif d’explorer comment les trajectoires de santé, les trajectoires sociales, migratoires, administratives s’entrecroisent et se construisent les unes par rapport aux autres parmi les Africains vivant en France qui sont atteints de VIH/Sida ou d’hépatite B chronique. De façon plus spécifique, il s’agit 1) d’étudier le rôle du parcours de vie et de migration sur les comportements de prévention et de soins des Africains vivant en France selon qu’ils sont ou non infectés par le VIH ou le virus de l’hépatite B ; et 2) d’étudier le rôle de la maladie (VIH/sida ou hépatite B) sur la trajectoire sociale et administrative des Africains vivant en France.
L’étude a été réalisée en 2012-2013auprès de 2500 personnes réparties en 3 groupes : un groupe de personnes vivant avec le VIH/sida, un groupe vivant avec une hépatite B chronique et un groupe n’ayant aucune de ces deux infections. La mise en perspective de ces trois groupes permet d’identifier d’éventuelles spécificités propres à la maladie en général et à chacune de ces infections en particulier au regard des différents aspects étudiés. Le recueil des données quantitatives a été réalisé par questionnaire biographique en face à face. Cette approche biographique permet de restituer l’enchaînement des différents évènements des parcours de vie et de santé et d’éclairer la situation présente (type de prise en charge de la maladie, qualité de vie du patient) à la lumière de l’ensemble des éléments de la trajectoire passée (administratifs, familiaux, socio-économiques, professionnels) et des projets du patient.
De plus, l’étude comporte un volet qualitatif mené auprès d’un sous échantillon de participants afin d’explorer plus particulièrement la relation entre professionnels de santé et patients africains et les conditions de vie des patients africains vivant avec le VIH ou avec l’hépatite B.
La recherche est menée en Ile de France, elle concerne les adultes nés en Afrique sub-saharienne et de nationalité étrangère à la naissance, quelle que soit leur situation administrative et quelle que soit leur date d’arrivée en France. Pour les trois groupes, le recrutement s’est fait dans des structures de santé (respectivement services VIH, centres de références pour le suivi de l’hépatite B et consultations de médecine générale), qui offrent un cadre similaire pour tous les groupes et où la confidentialité est garantie.

Un ouvrage de synthèse paru en juillet 2017 rassemble les principaux résultats de la recherche. On trouvera plus d’information sur l’ouvrage sur ce site.

La base de données est accessible aux chercheurs sur demande via le site de l’Archives des données issues de la statistique publique ADISP

Mots-Clés

VIH/sida, hépatite B, migrants.

Zone géographique

Ile de France

Calendrier

2011 : préparation de l’enquête - enquête pilote dans quelques centres.
2012-2013 : enquête à grande échelle.
2014-2018 : analyse des données et valorisation.

Contact
Courriel : annabel.desgrees@ird.fr

Lien utiles

site web de l’ouvrage : www.ceped.org/parcours
site web pour accéder aux données de l’enquête  : ADISP

Parcours dans les médias

Sida et Africains immigrés en France : nouvelles données, une interview d’Annabel Desgrées du Loû dans l’émission Matières à penser de René Frydman sur France Culture, (19/09/2017)

Quelle prise en charge est prévue pour les migrants, une interview de Nicolas Vignier dans l’émission Votre santé m’intéresse sur BFM TV ( 01/03/2018)

Sida : la contamination des migrants a lieu aussi en France, une interview d’Annabel Desgrées du Loû, réalisée par Le Monde ( 24/07/2017)

Les violences sexuelles subies en France par les femmes migrantes , une interview de Julie Pannetier, dans l’émission Priorité Santé sur RFI (05/02/2018)

Écouter l’interview

Publications

2018

2017

2016

2015


  • Desgrées du Loû Annabel, Pannetier Julie, Ravalihasy Andrainolo, Gosselin Anne, Supervie Virginie, Panjo Henri, Bajos Nathalie, Lert France, Lydié Nathalie, Dray-Spira Rosemary et The Parcours Study Group (2015) « Sub-Saharan African migrants living with HIV acquired after migration, France, ANRS PARCOURS study, 2012 to 20 », Euro surveillance: bulletin Européen sur les maladies transmissibles= European communicable disease bulletin, 20 (46). http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=21311.
    Résumé : We estimated the proportion of migrants from sub-Saharan Africa who acquired human immunodeficiency virus (HIV) while living in France. Life-event and clinical information was collected in 2012 and 2013 from a random sample of HIV-infected outpatients born in sub-Saharan Africa and living in the Paris region. We assumed HIV infection in France if at least one of the following was fulfilled: (i) HIV diagnosis at least 11 years after arrival in France, (ii) at least one negative HIV test in France, (iii) sexual debut after arrival in France. Otherwise, time of HIV infection was based on statistical modelling of first CD4+ T-cell count; infection in France was assumed if more than 50% (median scenario) or more than 95% (conservative scenario) of modelled infection times occurred after migration. We estimated that 49% of 898 HIV-infected adults born in sub-Saharan Africa (95% confidence interval (CI): 45–53) in the median and 35% (95% CI: 31–39) in the conservative scenario acquired HIV while living in France. This proportion was higher in men than women (44% (95% CI: 37–51) vs 30% (95% CI: 25–35); conservative scenario) and increased with length of stay in France. These high proportions highlight the need for improved HIV policies targeting migrants.
    Mots-clés : ⛔ No DOI found.

  • Desgrées du Loû Annabel, Pannetier Julie, Ravalihasy Andrainolo, Gosselin Anne, Supervie Virginie, Panjo Henri et The Parcours Study Group (2015) « Migrants subsahariens suivis pour le VIH en France : combien ont été infectés après la migration ? Estimation dans l’Étude Parcours (ANRS). », Bull Epidémiol Hebd., 40-41, p. 752-8. http://www.invs.sante.fr/beh/2015/40-41/2015_40-41_2.html.
    Résumé : Contexte – Les données épidémiologiques disponibles suggèrent qu’une part non négligeable des migrants d’Afrique subsaharienne qui vivent avec le VIH en Europe ont été infectés après leur arrivée, sans que cette proportion soit précisément connue. Matériel et méthodes – Nous avons estimé la proportion de migrants subsahariens qui ont acquis le VIH après leur arrivée en France, en combinant les données biographiques et cliniques recueillies au sein d’un échantillon représentatif de patients nés en Afrique subsaharienne et suivis pour une infection à VIH dans les hôpitaux d’Île-de-France. L’infection était considérée comme acquise en France si l’un des critères biographiques suivants était rempli : 1) une durée de séjour en France avant le diagnostic d’au moins 11 ans, 2) un test VIH négatif après l’arrivée en France, 3) le premier rapport sexuel après l’arrivée en France. Lorsqu’aucun de ces critères n’était rempli, nous avons estimé la durée depuis la contamination à partir de la première mesure des CD4 en utilisant un modèle statistique de déclin des CD4. Cette durée a été estimée 500 fois pour chaque enquêté. Nous avons considéré que la contamination était survenue en France si au moins 50% (en scénario médian) ou au moins 95% (en scénario conservateur) des 500 durées estimées étaient inférieures à la durée de vie en France. Résultats – Parmi 898 adultes infectés par le VIH nés dans un pays d’Afrique subsaharienne, nous avons estimé que 49% [IC95%:45-53] d’entre eux en scénario médian et 35% [31-39] en scénario conservateur ont acquis le VIH après leur arrivée en France. Cette proportion était plus basse pour les femmes que pour les hommes (30% [25-35] vs. 44% [37-51] dans le scénario conservateur) et augmentait avec la durée du séjour en France. Conclusion – Au vu de cette proportion importante de migrants d’Afrique subsaharienne infectés par le VIH après la migration, il apparaît nécessaire d’améliorer la prévention dans ce groupe de population et, pour cela, de mieux comprendre les déterminants de ces infections survenues en France. Abstract Context – Although recent epidemiological data suggest that a substantial proportion of migrants from Sub-Saharan Africa living in Europe acquired HIV after their arrival, few estimates are available to date. Material and methods – We estimated the proportion of Sub-Saharan migrants who acquired HIV infection after their arrival in France using life-event and clinical information on a representative random sample of HIV-infected hospital outpatients born in Sub-Saharan Africa living in the Paris region. We assumed that HIV infection had probably been acquired in France if at least one of the following life-event criterion was met: 1) HIV diagnosis ≥11 years after arrival in France, 2) negative HIV test in France, 3) first sexual intercourse after arrival in France. If none of these criteria were met, we estimated the duration from HIV infection based on first CD4 count measurement using statistical modelling for CD4 decrease. Infection occurred in France if, out of 500 durations estimated for each individual, at least >50% (median scenario) or >95% (conservative scenario) fell within the period while individuals were living in France. Results – Out of 898 HIV-infected adults born in Sub-Saharan Africa, we estimated that 49% of them [95%CI:45-53] according to a median scenario and 35% of them [31-39] according to a conservative scenario acquired HIV after their arrival in France. This proportion was lower in women than in men (30% [25-35] vs. 44% [37-51] according to the conservative scenario) and increased with the length of stay in France. Conclusion – Our findings reveal a high proportion of HIV infections among Sub-Saharan Africa migrants after their arrival in France. They highlight the need for improved prevention policies for HIV in this population, and for a better understanding of the determinants of these infections in France.
    Mots-clés : ⛔ No DOI found.

  • Dray-Spira Rosemary, Gigonzac Virginie, Vignier Nicolas, Pannetier Julie, Sogni Philippe, Lert France, Bajos Nathalie, Lydié Nathalie, Desgrées du Loû Annabel et Groupe ANRS-Parcours (2015) « Caractéristiques des personnes originaires d’Afrique subsaharienne suivies pour une hépatite B chronique en Île-de-France en 2012-2013. Données de l’enquête ANRS-Parcours. », Bull Epidémiol Hebd., 19-20, p. 339-47. http://www.invs.sante.fr/beh/2015/19-20/2015_19-20_2.html.
    Résumé : En France, les migrants originaires d’Afrique sub-Saharienne sont particulièrement touchés par l’hépatite B chronique. Cependant, les caractéristiques des personnes originaires d’Afrique sub-Saharienne porteuses d’une hépatite B chronique et leurs spécificités sur le plan sociodémographique, épidémiologique et clinique ne sont pas bien connues. Cet article décrit les caractéristiques des personnes originaires d’Afrique sub-Saharienne suivies pour une hépatite B chronique en Ile-de-France à partir des données de l’enquête ANRS-PARCOURS, menée en 2012-2013 auprès d’un échantillon aléatoire de 778 consultants dans 20 structures de soins. Les résultats indiquent que les personnes originaires d’Afrique sub-Saharienne suivies pour une hépatite B chronique constituent une population relativement jeune (âge médian : 39 ans), installée en France de façon durable (depuis 10 ans en médiane). Les situations de précarité sociale et/ou administrative sont fréquentes (12,1% de personnes sans logement stable, 32,1% sans emploi, 25,8% sans couverture santé ou couvertes par l’AME), tout particulièrement parmi les femmes et les personnes suivies dans d’autres structures que les services experts en hépatologie. Le maintien du secret sur le statut VHB vis-à-vis de l’entourage est fréquent, en particulier chez les hommes (23,9%). Le diagnostic d’hépatite B chronique n’a été établi qu’après l’arrivée en France dans l’immense majorité des cas, après un délai de 3 ans en médiane et dans des circonstances variées. Si le dépistage systématique occupe une place prépondérante parmi les femmes, il n’est à l’origine que de moins d’un tiers des diagnostics chez les hommes, parmi lesquels le diagnostic survient dans un délai plus long après l’arrivée en France et plus souvent lors d’une phase active de la maladie. Les caractéristiques de l’hépatite B chronique et de sa prise en charge n’apparaissent pas différentes selon que les personnes sont suivies dans des services experts en hépatologie ou dans d’autres structures de soins. Ces résultats fournissent des informations utiles pour contribuer à améliorer le dépistage, la prévention de la transmission et la prise en charge de l’hépatite B parmi les personnes originaires d’Afrique sub-Saharienne. Abstract In France, migrants from sub-Saharan Africa are particularly affected by chronic hepatitis B. However, characteristics of people originating from sub-Saharan Africa with chronic hepatitis B and their socio-demographic, epidemiological and clinical specificities have been poorly described. This article describes the characteristics of people originating from sub-Saharan Africa who are followed for chronic hepatitis B in Paris region, using data of the ANRS-PARCOURS survey conducted in 2012-2013 among a random sample of 778 outpatients in 20 healthcare settings. Our findings suggest that sub-Saharan Africans followed for chronic hepatitis B constitute a relatively young population (median age: 39 years), sustainably settled in France (since 10 years in median). Precarious social and/or administrative situations are common (12.1% without a stable accommodation, 32.1% without employment, 25.8% without health coverage or covered by the ‘AME’, a public scheme for coverage of the medical expenses of undocumented migrants), especially among women and people followed outside reference centers in hepatology. Non-disclosure of HBV status is frequent, especially in men (23.9%). Chronic hepatitis B has mostly been diagnosed after arrival in France, after a delay of 3 years in median and in various circumstances. While routine screening is predominant among women, among men only less than one third have been diagnosed following a systematic check-up. Compared to women, among men diagnosis occurred within a longer time from arrival in France and more frequently during an active phase of the disease. Characteristics of chronic hepatitis B and its management do not differ according to whether people are followed in reference centers in hepatology or in other healthcare settings. The information provided will be useful to improve chronic hepatitis B screening, prevention and care management among people originating from sub-Saharan Africa.
    Mots-clés : ⛔ No DOI found.
  • Gosselin Anne, Desgrées du Loû Annabel et Pannetier Julie (2015) « Les migrants subsahariens face à la précarité résidentielle et administrative à l’arrivée en France : l’enquête ANRS Parcours », La population de la France face au VIH/sida, Collection Populations vulnérables (ed. Bergouignan) (2).

2012

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