Projets achevés

Science et nature : positions et logiques de discours (2011-2015)

Étude, au Mexique, des conditions de production et de légitimation socio-politique des objets scientifiques des sciences environnementales

Responsables scientifiques

Partenariat

  • UMR Développement et société
  • IHEAL
  • Le projet Bekonal est réalisé en partenariat avec différentes institutions d’argentine, du Brésil et du Mexique (voir : bekonal.hypotheses.org)

Membres du CEPED participant au projet

Financement

  • Europe

Résumé

Mobilité, pôles et « chaînes de savoirs »

Des études sur l’histoire des disciplines ou, plus récentes, sur la construction du champ scientifique mexicain, ont souligné le poids, historique et actuel — selon des “géométries” variables — des rapports entretenus entre chercheurs étrangers et chercheurs mexicains dans ce processus de construction et, au-delà, dans celui de la production de connaissances.
Trois “mouvements” et “logiques”, historiques et sociologiques, peuvent qualifier ce processus : d’une part, la participation forte de chercheurs étrangers — exilés de pays latino-américains ou invités d’Etats-Unis ou de pays européens — a historiquement participé à la construction de disciplines et champs scientifiques et à leur institutionnalisation ; d’autre part, ces participations de chercheurs invités ont généré l’instauration progressive de “chaînes de savoirs” grâce auxquelles des générations de chercheurs se sont peu à peu formés, en particulier à l’étranger, dans des institutions et laboratoires que l’on peut dès lors qualifier de « pôles de savoirs ». Enfin, ces mobilités étudiantes et académiques prennent place dans un mouvement d’internationalisation qui a pour bases des échanges croissants entre les pôles scientifiques de pays du Nord et du Sud, et une volonté politique mexicaine de prendre place dans les agendas internationaux de la science, et de s’approprier, pour une reconnaissance accrue, les standards internationaux d’évaluation de la science.

La production des connaissances, au Mexique, est intimement liée à ces trois mouvements et “logiques”. Ces dernières, en effet, ont participé à la légitimation de savoirs donnés, à des orientations particulières de la science en termes d’objets scientifiques, ont enfin conduit à la construction progressive de collectifs locaux, nationaux et internationaux de chercheurs.
Dans le cas des sciences environnementales, il s’agira d’identifier, non seulement les « pôles de savoirs » avec lesquels échangent les chercheurs mexicains, les « chaînes de savoirs » qu’ils entretiennent avec leurs homologues étrangers, mais aussi de recenser les collectifs de chercheurs impliqués, enfin de catégoriser les objets sur lesquels ils travaillent — que cela soit dans une perspective locale, nationale ou internationale, donc en lien avec des collectifs de chercheurs ou des individus nationaux ou étrangers.

Opération de recherche

On procédera à cette collecte d’informations par analyse de la base SNI et par entretiens qualitatifs, au Mexique — voire en France —, auprès de responsables de collectifs de chercheurs et d’institutions liées, de près ou de loin, au développement des sciences environnementales. On Identifiera également les dispositifs, institutionnels et politiques, nationaux et internationaux, mis en place pour favoriser les mobilités et échanges internationaux dans ce domaine.

Multipolarité, multidisciplinarité

Les disciplines sont, dans leur majorité, multipolaires, tant dans leur construction que dans leur développement. Cette “multipolarité” prend pour traits ceux d’une “géographie” des lieux de formation des chercheurs mexicains de cette discipline d’une part et, d’autre part, ceux d’une pluridisciplinarité et de ce que l’on pourrait désigner par une “pluri-socialité” politique. Une discipline comme des sciences environnementales, en effet, en raison même de ses objets de recherche et de leur valeur sociale et politique, se déploie vers — ou a affaire à — d’autres disciplines, mais aussi d’autres secteurs sociaux et politiques. Ces diverses orientations structurent cette discipline, participent à la légitimation de ses objets de recherche, conditionnent enfin le développement de la recherche elle-même et ses productions. On cherchera à repérer, dans le cas des collectifs mexicains des sciences environnementales, de telles orientations, autrement dit les conditions et facteurs de production scientifique et les conditions de légitimation scientifique, sociale et politique, de ses objets. En ce sens, on s’intéressera aux “étapes” de construction de ces objets, aux procédés — scientifiques et institutionnels — de leur légitimation et consécration, enfin aux “degrés” de validation respective de ces objets.

Opération de recherche

Un recensement et une catégorisation des productions scientifiques (par support et audience – on connaît au Mexique le nombre de citations de chaque production scientifique), des opérations de diffusion de résultats scientifiques vers les différents secteurs sociaux, sera réalisé dans cette perspective. On cherchera aussi à établir les liens entre les chercheurs de des sciences environnementales et d’autres disciplines, qu’ils soient institutionnalisés (conventions) ou plus informels, de même que les rapports entretenus par les collectifs de recherche avec d’autres secteurs sociaux et politiques sur la base d’intérêts partagés autour d’objets scientifiques. En ce sens, on tentera d’identifier les logiques de définition (ou d’imposition) des objets privilégiés par la discipline.

Réseaux, faisceau de légitimités et production de connaissances

Ces perspectives conduiront à rechercher et catégoriser les réseaux tissés autour de ces chercheurs sur la base des principaux objets scientifiques de leurs recherches. On dressera ainsi une “carte” de ces réseaux (qu’ils soient physiques ou plus “virtuels”). On s’intéressera aussi et surtout aux facteurs de leur constitution, au premier rang desquels les objets scientifiques qui font l’objet d’une mise en partage, la légitimité scientifique, sociale et politique accordée à ces “objets” ; on portera également l’attention sur les conditions de possibilités de création et d’extension de ces réseaux, en cherchant à distinguer les dimensions politiques, nationales et internationales, de ces conditions, en l’occurrence les dispositifs qui accompagnent la mise en place, voir l’institutionnalisation, de tels réseaux (soutiens à la mobilité académique et scientifiques, conventions nationales et internationales entre laboratoires, politiques de bourses, politiques de soutiens financiers à l’acquisition d’outils et instruments de recherche, et de valorisation des produits scientifiques des collectifs et réseaux de recherche).

Opération de recherche

On procédera à l’identification des réseaux par entretiens qualitatifs auprès de catégories d’acteurs impliqués dans le développement des sciences environnementales et dans la valorisation/utilisation de ses produits. On s’attachera, dans ces enquêtes, à discerner les “échelles de légitimité” qui peuvent permettre de comprendre les conditions de possibilité de création et d’extension des réseaux dans ce domaine. Enfin, on recherchera les dispositifs mobilisés scientifiquement, socialement et politiquement, pour la diffusion et l’application des connaissances de ce champ scientifique.

Mots-Clés

Circulation des savoirs, Sciences environnementales, « chaînes de savoir ».

Zone géographique

Mexique.

Calendrier

2011-2015

Contact

etienne.gerard chez ird.fr

bekonal.hypotheses.org

Résultats et valorisation

Publications

Thèmes