Publications des membres du Ceped

2020


  • Chady Shimeen-Khan (2020) « Quels sens pour les particules d'extension ? Le cas de sipa ki en créole mauricien », présenté à Le mot dans la langue et dans le discours 3 : la construction du sens, Université de Vilnius, Lituanie. https://www.constructiondusens.flf.vu.lt/.
    Résumé : Malgré les nombreuses recherches qui existent sur le sujet, les petits mots de la langue orale, ou marqueurs discursifs (désormais MD), ne jouissent pas d’une définition précise dans la littérature scientifique. Si des chercheurs ont été d’accord pour parler de « désémantisation » de ces unités linguistiques due au changement linguistique, des travaux plus récents mettent en avant leur sens discursif, ou ce qui peut être considéré comme une « pragmaticalisation » de ces unités qui garderaient, cependant, une valeur proche de leur sens d’origine en endossant une valeur subjective plus importante (Dostie & Pusch, 2007). Les particules d’extension (Cheshire, 2007), se situant à la fin des énoncés et indiquant principalement, sur le plan informationnel, une liste d’éléments non terminés, ne sont pas considérées par tous les chercheurs comme des MD (Ferre, 2009), cependant, leurs fonctions discursives permettent difficilement de ne pas les considérer comme tels. Parmi ces particules, je m’intéresserai à l’unité sipa ki (« ou quoi »), en kreol morisien. Je me base sur un corpus de 6h de conversation entre jeunes Mauriciens âgés de 16 à 19 ans recueilli en 2014 (Chady, 2018). Sipa ki apparaît en fin de listes non exhaustives ainsi qu’à la fin de discours rapportés, il semble aider à présenter le discours comme approximatif, fonction que remplissent d’autres MD. Si cette particule d’extension permet à l’énonciateur de construire son discours monologal et montre son attitude face au discours, qu’il s’agisse du sien ou d’un énonciateur tiers, elle joue aussi un rôle dans la co-construction des rapports conversationnels puisqu’elle fournit non seulement des informations sur la façon dont les énoncés qu’elle accompagne doivent être interprétés mais peut aussi, dans certains cas, marquer une forme de désengagement du locuteur dans le but de préserver la face l’interlocuteur ou servir à définir une relation de proximité en sollicitant des connaissances (supposées) partagées entre les locuteurs pour la reconstruction du discours par l’interlocuteur (Guerin & Moreno, 2015). Ainsi, ces particules, loin d’être dénuées de sens, peuvent au contraire être considérées comme polysémiques, elles prennent différents sens selon les contextes et aident à l’interprétation des différents énoncés qu’elles accompagnent. Références Chady, S.-K. (2018). Des marqueurs aux mouvements discursifs dans des interactions entre jeunes Mauriciens plurilingues. Thèse soutenue à l’Université Paris Descartes. Cheshire, J. (2007). Discourse variation, grammaticalisation and stuff like that. Journal of Sociolinguistics, 11(2), 155‐193. Dostie, G., & Pusch, C. D. (2007). Présentation. Les marqueurs discursifs. Sens et variation. Langue française, n° 154(2), 3‐12. Ferre, G. (2009). Analyse multimodale des particules d’extension « et tout ça, etc. » en français. Interface Discours Prosodie (IDP09), Paris, France. Guerin, E., & Moreno, A. (2015). Présence/absence de particules d’amorce et de particules d’extension dans le discours rapporté : Peut-on parler de variation ? Langage et société, 154, 67‐82.


  • Chady Shimeen-Khan (2020) « L’influence des représentations diglossiques sur les pratiques d’enfants et d’adolescents mauriciens », Le francais aujourd'hui, 208 (1) (mars 20), p. 31-41. DOI : 10.3917/lfa.208.0031. https://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2020-1-page-31.htm.
    Résumé : Cet article vise à montrer les écarts entre discours et pratiques chez des enfants et adolescents mauriciens causés, selon moi, par les injonctions scolaires, familiales et sociales qui entretiennent des représentations diglossiques au sein de la société. Après une première socialisation en Kreol morisien (KM) pour la grande majorité des Mauriciens, l’entrée à l’école les oblige à adopter une nouvelle norme, celle du français. La famille se plie aussi souvent à cette injonction, entrainant, chez les enfants, des contradictions dans leurs comportements face aux langues en présence. On remarque en effet que, malgré les représentations diglossiques persistantes, le KM trouve sa place dans le répertoire langagier de ces enfants qui l’utilisent quand même parfois à l’école. Au secondaire, lorsque les réseaux des jeunes s’élargissent, le KM prend une place plus importante dans les pratiques de ces jeunes et pourrait traduire une opposition face aux injonctions scolaires, familiales et sociales. L’étude se fonde ici sur deux enquêtes menées en 2013 et 2014, peu de temps après l’introduction du kM au primaire, effective depuis 2012.
    Mots-clés : Adolescents, Contact de langues, École, Éducation, Enfants, Jeunes, Maurice, Représentations.

2018

  • Chady Shimeen-Khan (2018) « L'usage alterné de marqueurs discursifs français / créoles mauriciens à des fins pragmatiques chez de jeunes bilingues mauriciens » (Université de Chypre), présenté à INPRA2018 - 8ème Conférence internationale : Pragmatique et communication interculturelles.

  • Chady Shimeen-Khan (2018) « L’usage des marqueurs discursifs "ben" et "be" chez des jeunes à l’île Maurice » (présenté à 6e Congrès Mondial de Linguistique Française), in SHS Web of Conferences, Université de Mons, Belgique, 46: p. 18. DOI : 10.1051/shsconf/20184601018.
    Résumé : Cet article propose une présentation des usages des marqueurs discursifs « be » et « ben » chez un groupe de jeunes locuteurs mauriciens âgés de 16 à 19 ans. Nous émettons l’hypothèse que « ben », marqueur discursif récemment emprunté au français de France participe de la construction d’un parler hybride caractéristique de certains jeunes. Les analyses reposent sur un corpus de 6h de conversations recueillies en 2014. L’analyse fine des interactions montrera d’une part comment ces termes sont associés à différents groupes et différentes situations et d’autre part comment ces associations sont réinvesties en interaction pour des mises en scène du discours., The use of discourse markers “ben” and “be” by young Mauritians. In this paper, we will explore the use of discourse markers “be” and “ben” by a group of young Mauritians aged 16-19. We argue that thediscourse marker “ben”, recently borrowed from spoken French (from France) contributes to a particular hybrid way of talking among some young people. The analysis is based on a corpus of 6 hours of conversational data collected in 2014. A detailed interactional analysis shows how these markers are associated with different groups and situations and by the same time are contextually reinvested for discourse strategies.
  • Chady Shimeen-Khan (2018) « La présence de marqueurs discursifs français chez de jeunes Mauriciens » (Université Toulouse - Jean Jaurès), présenté à Colloque annuel de l'Association for French Language Studies (AFLS2018) - Langue française : mise au point sur ses usages et ses utilisateurs.
    Mots-clés : Contact de langues, créole, Créole français, Créole mauricien, Jeunes, Marqueurs discursifs.

  • Chady Shimeen-Khan (2018) « Des marqueurs aux mouvements discursifs dans des interactions entre jeunes mauriciens plurilingues », These de doctorat en Sciences du Langage, Paris : Sorbonne Paris Cité, 376 p. http://www.theses.fr/2018USPCB115.
    Résumé : Ce travail porte sur la variabilité de quelques marqueurs discursifs (désormais MD) chez des jeunes Mauriciens plurilingues, âgés de 16 à 19 ans. Ayant à leur disposition le créole mauricien et le français, langues proches entre lesquelles les frontières sont floues, ces jeunes présentent souvent des pratiques interlectales qui confirment l'hypothèse d'une décrispation de la diglossie. Les MD, particulièrement saillants dans les phénomènes de contacts de langues, ont été choisis comme entrée pour tenter de trouver une cohérence dans l'hétérogénéité rencontrée. L'objectif est d'analyser ici le rôle de l'alternance de formes a priori « plus françaises » et « plus créoles » de 4 ensembles de MD dans la socialisation de ces jeunes. Le corpus est constitué d'environ 6h de conversations, auto-enregistrées par 9 jeunes, en 2014. Les données sont complétées par des confrontations à des passages sélectionnés servant à recueillir les ressentis des locuteurs sur leurs usages, ainsi que par divers entretiens et observations, réalisés notamment lors d'un terrain exploratoire en 2013. Ne prenant sens qu'en contexte, les MD mettent en évidence les rapports entre les interlocuteurs, entre le locuteur et son discours et indiquent l'articulation entre différentes parties du discours. Ils marquent divers mouvements à travers lesquels les interactants se construisent un espace multidimensionnel fournissant un cadre d'interprétation de leurs usages. Les MD apparaissent alors comme des outils essentiels dans l'interprétation de la construction du sens, à la fois linguistique et social, à l’œuvre dans la dynamique de l'interaction. Leurs alternances renforcent leur rôle en tant qu'indices de contextualisation. Cette thèse se situe ainsi dans une approche sociolinguistique interactionnelle, suivant le courant ethnométhodologique, qui refuse de se baser sur des catégories sociales ou langagières prédéterminées et montre comment la variation sociolinguistique s'élabore à travers la dynamique interactionnelle.
    Mots-clés : Alternance de codes, Contact de langues, Contextualization cues, Discourse markers, Discourse movements, Interaction, Jeunes, Language contact, Marqueurs discursifs, Maurice, Mauritius, Mouvements discursifs, Multilinguisme -- Maurice.
    Note Note
    <p>Sous la direction de Christine Deprez. Soutenue le 16-11-2018,à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Sciences humaines et sociales : cultures, individus, sociétés (Paris ; 1994-2019) , en partenariat avec Université Paris Descartes (1970-2019) (établissement de préparation) et de Centre population et développement / CEPED - UMR_D 196 (laboratoire) .</p>

2016

2015

2014

2013

2012

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